Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Aude C. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Se répand un usage étrange du « à » en lieu et place d’un « en train de ». « Il est à mettre ses chaussures », là où ne devrions-nous pas dire « Il est en train de mettre ses chaussures » ?

Est-ce fautif ?

Merci.

Aude C. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Ce tour est dans l’usage quand être à est accompagné d’un adverbe. Il est toujours à crier, il est encore à boire. On lit dans notre Dictionnaire Il est toujours à marmonner dans son coin. En dehors de ces cas, être en train de est préférable.

Cordialement.

Jean Jack C. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Dans le tome II de Histoire de France, Jules Michelet écrivait : « Tous souhaitaient sortir de peine, et n’importe à quel prix. »

La locution « à n’importe quel prix » serait-elle incorrecte ?

Cordialement.

Jean Jack C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

On dit plus couramment aujourd’hui à n’importe quel prix et dans cette locution adverbiale, n’importe a perdu de sa valeur verbale. Dans n’importe à quel prix, que l’on lit aussi chez Zola ou Erckmann-Chatrian, n’importe (qui pourrait être remplacé par peu importe) pourrait varier en temps : n’importait à quel prix.

Cordialement.

 

Jean-Eric S. (Belgique)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

  Cette phrase est-elle correcte ?

« De ces deux commandements dépend la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Je suppose que la proposition conjonctive « averbale » n’intervient pas dans l’accord avec le verbe dépendre. Reste que cette tournure est à mes yeux un peu maladroite.

En vous remerciant d’avance de votre réponse.

Jean-Eric S. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

Lorsque deux sujets sont joints par ainsi que, le premier règle seul l’accord s’il exprime l’idée dominante ; dans le cas contraire, le verbe se met au pluriel. Ce pays, ainsi que le nôtre d’ailleurs, traverse une crise grave. La réserve ainsi que la courtoisie sont des qualités appréciées de tous.

Il me semble qu’ici la loi est l’idée dominante, et l’accord est donc juste.

Cordialement.

Melaine A. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Dans la bénédiction « Urbi et Orbi » doit on faire la liaison entre le « t » et le « o » ?

Pourquoi « au monde et à la ville » ?

Avec mes remerciements.

Melaine A. (France)

L’Académie répond :

 

On doit faire la liaison car en latin, le t de et se fait entendre. On dit « au monde et à la ville » parce que dans l’Empire romain on distinguait la ville de Rome, urbi du reste de l’empire, qui, au temps de sa plus grande extension couvrait l’ensemble du monde connu orbi.

Cordialement.

 

Patrick Sch. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour

Je vous remercie de bien vouloir me préciser pourquoi on dit excommunication au lieu d’excommunication ; en effet il me semble qu’il s’agit plutôt du verbe communier et non communiquer.

Merci d’avance Bien à vous.

Patrick Sch. (France)

L’Académie répond :

Les formes correctes sont excommunication et excommunier. Excommunication est une forme savante empruntée du latin excommunicatio. Excommunier est emprunté de excommunicare, avec influence de communier. Communier est une forme populaire issue du latin communicare qui a donné, en langue savante, communiquer.

Cordialement.

 

Pierre D. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour.

Doit-on dire de quelque chose qu’il « vaut le coup » ou qu’il « vaut le coût » ?

Les deux orthographes semblent avoir leurs défenseurs mais je ne trouve pas trace que cette question ait été tranchée par l’Académie.

Merci à vous.

Pierre D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Dans l’expression valoir le coup, c’est bien le substantif coup, qui sert d’ailleurs de mot noyau à nombre d’expressions en français, qui est utilisé. C’est dans son sens général d’« entreprise limitée, audacieuse et rapidement conduite » que coup est ici employé. On parle d’un coup d’éclat, de génie et, dans la langue familière, on utilise les expressions être sur un gros coup, faire les cents coups ou encore, dans la langue populaire, ça vaut le coup, « cela vaut la peine de se déranger, c’est intéressant ». Ce n’est donc pas la métaphore financière (comme vous le croyiez en pensant à la graphie coût) qui prévaut ici, mais plutôt celle de l’effort, de l’action.

Cordialement.

Sandra T. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je voudrais savoir pourquoi on ne peut pas dire : je vais faire 40 ans.

On me dit que le bon verbe à employer est le verbe « avoir », mais je voudrais comprendre pourquoi?

Merci d’avance.

Sandra T. (France)

L’Académie répond :

Madame,

On doit dire avoir 40 ans. Faire 40 ans signifie « ressembler à quelqu’un qui a 40 ans », « donner l’impression d’avoir cet âge ». Ce tour est cependant très rare et l’usage préfère « faire vieux, faire jeune ; faire plus, moins que son âge ».

Cordialement.

 

Thomas K. (Royaume-Uni)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Nous ne sommes pas d’accord sur la prononciation de l’expression suivante : « pot à eau ». Doit-on faire la liaison et prononcer « potao » ou bien « po a o» » ?

Merci pour votre aide !

Thomas K. (Royaume-Uni)

 

L’Académie répond :

À l’article pot de son Dictionnaire, Littré écrit : Le t ne se lie pas, excepté devant à et les articles au et aux, qui en proviennent : pot à l’eau, pot aux roses, pot au lait, etc. que l’on prononce po-t à l’eau, etc. Prononçons nus le po-t-au feu…

Cordialement.

 

Victor D. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

Le père de ma femme est mon « beau-père ». Le mari de ma mère est mon « beau-père ». Je ne peux pas croire que la langue française ait un seul mot pour désigner ces deux personnes. C’est vrai ? Merci.

Victor D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le problème que vous soulevez est intéressant.

La distinction entre la mère du conjoint, appelée belle-mère, et la nouvelle femme du père, appelée marâtre, distinction qui existe en espagnol ou en anglais, n’est plus utilisée actuellement du fait des connotations péjoratives associées au terme marâtre (voyez ainsi la définition que donne notre Dictionnaire de ce terme : « Belle-mère, pour des enfants dont le père s’est remarié. Ne se dit guère plus en ce sens que d’une femme qui maltraite les enfants que son mari a eu d’un autre lit. ») On n’emploie aujourd’hui que le seul terme belle-mère pour les deux situations (il en est de même pour beau-père / parâtre).

Cette polysémie est évidemment source de confusions, mais elle est courante dans notre langue car il n’existe pas un nom pour désigner chaque réalité. Il reste à voir comment évolueront les choses, et en particulier si l’usage trouvera nécessaire d’inventer une nouvelle forme ou si le contexte, l’emploi de périphrases (la femme de mon père, la mère de mon mari) seront jugés suffisants.

Faisons confiance au génie de la langue.

Cordialement.

W. (France)

Le 09 janvier 2018

Courrier des internautes

De nombreux élèves emploient souvent l’adjectif « ennuyant » au lieu de « ennuyeux ». Par exemple : « Ce cours était ennuyant ! »

Quel est le bon emploi de ces adjectifs ?

W. (France)

 

L’Académie répond :

Madame,

Le mot ennuyant figure encore dans le Dictionnaire de l’Académie française parce qu’on le retrouve chez de grands auteurs des siècles passés, et que ce dictionnaire est aussi un outil pour pouvoir lire ces auteurs. Ennuyant n’est pas, à proprement parler, incorrect, mais on dira et on écrira aujourd’hui ennuyeux sauf si l’on a une volonté marquée d’utiliser une forme vieillie.

Cordialement.

 

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