Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Claude C. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Depuis quand le ç existe-t-il ?

Merci de m’éclairer. Je fais de la généalogie et dans certains noms de famille je rencontre ce genre de petit problème.

Claude C. (France)

L’Académie répond :

La cédille, en français, sert à garder au c le son « s » devant a, o, u. Au moyen âge, on a parfois utilisé à cette même fin le digramme cz (faczon), mais plus souvent le digramme ce (faceon), qui ne s’est conservé que dans douceâtre.

La cédille a été empruntée à l’espagnol par l’imprimeur Geoffroy Tory, en 1529, dans un traité de calligraphie et de typographie. Son usage ne s’est répandu que lentement.

Il convient de conserver ce signe diacritique au C majuscule tout comme les accents doivent être conservés sur les majuscules.

Jacques-Olivier M. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Ayant trouvé plusieurs orthographes de « de Gaulle », je souhaiterai savoir celle qu’il convient d’employer. Faut-il utiliser une majuscule pour la particule (nom d’origine flamande) et dans quels cas ?

Vous remerciant à l’avance de votre recherche, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

Jacques-Olivier M. (France)

L’Académie répond :

La particule française de incluse entre le prénom et le nom conserve la minuscule : François de Chateaubriand, Jeanne d’Arc. Dans les textes courants, cette particule s’écrit toujours avec la minuscule, même si elle devient initiale du nom propre (sauf évidemment en début de phrase : « D’Alembert disait ... ») : une plaidoirie de de Sèze, les Mémoires de d’Artagnan.

Rappelons que, à la différence de ces derniers noms, les noms qui ne sont pas monosyllabiques ou qui ne commencent pas par une voyelle gardent leur particule uniquement si le prénom, le titre, le grade ou la fonction sont indiqués (D’Alembert disait… mais Chateaubriand écrivait… ; une plaidoirie de de Sèze mais une plaidoirie de Malesherbes ; les Mémoires de Saint-Simon, etc.).

(La particule ne prendra la majuscule que lorsqu’il y a risque de confusion avec la préposition grammaticale, par exemple dans l’intitulé de sociétés : les automobiles De Dion-Bouton.)

Par ailleurs le nom de Gaulle est attesté sous cette forme, en diverses régions de France, depuis le XIIIe siècle, et la lignée est continue depuis le XVIe siècle. Il convient donc de respecter cette graphie, telle qu’elle figure d’ailleurs, de la main même du général, au bas de l’appel du 18 juin 1940 : on dira donc un discours de de Gaulle ou, si l’on souhaite éviter la répétition inélégante de de, un discours du général de Gaulle.

Patrick V. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Quelles sont les lettres les plus employées en français ?

Patrick V. (France)

L’Académie répond :

Nous ne disposons pas de ces données.

Les lettres les plus fréquentes en français, par ordre décroissant, sont : E S A R T I N U L O D C.

Selon les bases de données et les laboratoires de recherche, l’ordre annoncé de fréquence peut différer : on trouve ainsi E A I S N R T O U D (université de Toulouse), ou, ailleurs, E S A N T I R ou encore E A I S T N R U L…

Au-delà, les différences de fréquence ne sont plus guère significatives.

Sans doute trouverez-vous plus de détails dans des ouvrages spécialisés de cryptographie, ou destinés aux amateurs de jeux de lettres.

Pierre-Marie A. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Pourquoi doit-on prononcer « épizootie, « t » considéré comme une dentale, alors que l’on prononce « démocratie » avec un « t » sifflant ?

Pierre-Marie A. (France)

L’Académie répond :

Le -tie d’épizootie se prononce parfois si, mais plutôt ti, comme c’est en principe le cas régulièrement pour les mots qui ne viennent pas du latin, régularité qui connaît bien des exceptions (par exemple hématie prononcé si). La prononciation de démocratie peut s’expliquer par le fait que le mot nous est venu par l’anglais (democracy). En matière de prononciation plus encore que de morphologie ou de syntaxe, l’usage (même en un temps donné) est bien loin d’être parfaitement cohérent.

Sylvie G. (France)

Le 6 septembre 2018

Courrier des internautes

Sauf erreur de ma part, le cas du « merci de / merci pour » n’est pas traité dans votre rubrique « Dire, ne pas dire ».

Pourriez-vous nous éclairer sur ce point ?

Dans cet espoir, je vous remercie (et je suis sûre que je ne serai pas la seule).

Sylvie G. (France)

L’Académie répond :

Remercier de est la construction classique du verbe, mais il faut remarquer que remercier pour s’est répandu dans l’usage. L’hésitation entre les deux constructions répond à l’incertitude du statut grammatical du complément, perçu comme un complément d’objet ou comme un complément adverbial marquant la cause. La construction du verbe subit, de plus, l’influence des autres formules de reconnaissance comme « faire, exprimer des remerciements » qui construisent avec pour. Il en va de même pour merci.

Cela étant, le bon usage préfère de avec les noms abstraits (Merci de votre obligeance, de votre générosité) et les infinitifs (Merci de répondre, d’être venu) ; on rencontre surtout pour avec des noms concrets : Merci pour les chocolats.

Florine B. (France)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Je suis jeune étudiante en Français Langue étrangère (master 1 de Didactique des langues). J’ai une question concernant la prononciation du « e » final des adjectifs féminins. Dans le registre courant il demeure muet, mais se prononce-t-il en poésie ?

Florine B. (France)

L’Académie répond :

En poésie classique, le e muet, dit aussi e caduc, se prononce à l’intérieur du vers quand il précède une consonne ou un h muet. Ainsi, si l’on regarde le mot « seule » dans le 2e quatrain de Mon rêve familier de Verlaine :

« Car elle me comprend, et mon cœur, transparent

Pour elle seule, hélas, cesse d’être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant »

On constate que le e final du dernier seule doit se faire entendre, alors que dans les deux premiers, il est muet.

Foulques de M. (France)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Travaillant dans le milieu du commerce sur internet, une partie de nos sites sont composés d’éléments censés rassurer les visiteurs (logos de carte de crédit, certificats de sécurité, etc.). Nous appelons ça les éléments de « Réassurance » ou « Rassurance ». Or au fil de mes recherches j'ai trouvé d’une part que le mot rassurance n’existe tout bonnement pas, et d’autre que le mot ré-assurance est un terme technique utilisé dans le milieu de l’assurance.

Étant donné le contexte particulier de l’utilisation de ce mot (ni dans le milieu de l’assurance et bien de la même famille que le verbe Rassurer), quel serait, selon vous, l’orthographe adéquate à cette utilisation ?

Foulques de M. (France)

L’Académie répond :

Le Trésor de la langue française définit ainsi le nom rassurement : « Action de rassurer ; état qui en résulte ».

Pourquoi ne pas employer ce terme attesté depuis le xixe siècle et qui convient parfaitement ?

Gilles G. (Canada)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

La partie postérieure des fosses nasales s’appelle : « choane ». Selon le Petit Larousse le ch se prononce « k » et non pas « ch » comme dans chouette. Le mot proviendrait du grec khoanos qui veut dire « entonnoir » et serait masculin. Dans le Robert le mot serait toujours féminin pluriel ?

Nos ORL utilisent « Choane » au féminin et prononcent le « ch » comme « chouette » et non pas un « k ». Je leur ai dit qu’ils enseignent à une génération d’ORL québécois une mauvaise prononciation ; quant au genre, il y a de la confusion mais je crois que « choane » est masculin et peut être au singulier.

Je leur ai promis de vous écrire pour mettre cela au clair.

J’attends de vos nouvelles.

Merci beaucoup.

Gilles G. (Canada)

L’Académie répond :

Monsieur,

Le nom choane apparaît pour la première fois en 1546 dans le Tiers livre, de Rabelais. On y lit ceci :

« ... de quelque bassin ; que les anciens ont appelé Choane ou Entonnoer a raison qu’il s'amenuyse & s'avalle peu a peu tousiours en descendant & est percé par le bout ainsy qu’ung entonnoer : auquel bout se trouve une manifeste cavité comme de quelque ventricule submis audict bassin dens lequel ladicte glande est receue au dessus de l’os qu’avons dit avoir facon d’ung crible se rapportant au nez & au palais ; [...] a la cavité de la glande subiecte & submise a ladicte choane... ».

Le texte de Rabelais nous apprend que l'emploi le plus ancien de ce nom est un emploi au féminin et que ce nom peut se rencontrer au singulier.

Le grec khoanos, qui est masculin, a surtout le sens de creuset ; c'est le féminin khoanê, ou sa forme contractée, khônê, qui signifie entonnoir.

En ce qui concerne la prononciation, le Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse note que cho- se prononce ko-. On suivra sa recommandation.

Jules R. (France)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Le terme de métier peut-il s’appliquer à des activités pouvant aussi être des passe-temps ? Par exemple, une personne gagnant sa vie en faisant des vidéos sur internet peut-elle se dire « Youtuber professionnel » ? Dans ce cas, comment qualifier ceux pour qui l'activité n'est qu'un passe-temps ?

Jules R. (France)

L’Académie répond :

Le métier est le « Travail dont une personne tire ses moyens d’existence et qui définit son état, sa profession ».

Les personnes qui gagnent leur vie grâce à ces vidéos peuvent dire que la production des dites vidéos est leur métier. Il en va de même de nombreuses autres activités : cultiver des fleurs, élever des abeilles, écrire, jouer au football peuvent être des passe-temps, mais aussi des métiers.

Pascal M. (Suisse)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Pourriez-vous m’éclairer sur l’usage du mot malpoli ? On m’a toujours appris qu’il n’était pas correct de dire malpoli et qu’il fallait utiliser impoli. Après quelques recherches sur internet, il appert que malpoli est utilisé à l’oral et à l’écrit. Néanmoins, les dictionnaires courants font figurer malpoli dans leurs pages avec l’indication « FAM – familier ». Est-il donc juste d’utiliser l’oral et/ou à l’écrit ?

Pascal M. (Suisse)

L’Académie répond :

Monsieur,

Impoli est entré en concurrence avec le composé mal poli dès le xviie siècle (1636), au sens de « qui manque d’élégance » puis de « grossier ». On trouve ces deux mots sous la plume d’auteurs classiques comme Corneille ou La Rochefoucauld.

Cependant, aujourd’hui, malpoli, sous la forme soudée, est ressenti comme un mot d’usage plutôt populaire.

L’Académie, dans son Dictionnaire, le donne même comme familier, au sens de « mal élevé, grossier, impoli » ; adjectifs qui, eux, sont d’usage courant.

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