Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Florien V. (France)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Chère Académie,

Avoir trait (à) ?

Doit-on dire « Le mysticisme est ce qui a trait aux mystères, aux choses cachées » ou « le mysticisme est ce qui a trait les mystères, les choses cachées » ?

Florien V. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

La lecture correcte est avoir trait à. Si on écrit a trait + C.O.D. on fait de trait non pas un nom, mais le participe passé de traire. On distinguera ce qui a trait aux vaches, « ce qui concerne les vaches », et ce qui a trait les vaches, « ce qui a tiré le lait des vaches ».

Cordialement.

François C. (France)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Chers académiciens,

Je me permets de vous envoyer ce présent courriel afin de savoir si vous pourriez me renseigner au sujet de la grammaticalité des deux énoncés suivants :

1. « Nous avons pensé À lui offrir... »

2. « Nous avons pensé lui offrir... ».

Respectueusement.

François C. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les deux formes sont correctes. Il y a entre elles une nuance de sens. Nous avons pensé lui offrir signifie « nous avons l’idée de lui offrir telle ou telle chose », alors que Nous avons pensé à lui offrir souligne « nous n’avons pas oublié de lui offrir… »

Cordialement.

Mathias F. (France)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis un jeune professeur de Mathématiques, et je souhaiterais savoir si je dois dire « Combien fait 6x4 ? » ou « Combien font 6x4 ? ».

Merci d’avance.

Mathias F. (France)

L’Académie répond :

Les deux formes sont correctes. On peut faire l’accord au singulier en sous-entendant un sujet comme « cela », « le résultat », « la somme », « le total ».

Vous pouvez donc écrire aussi Combien fait 6 fois 4 ? Combien fait quatre et quatre ?

On peut faire l’accord au pluriel en considérant que les différents membres de l’opération sont des sujets. Vous pouvez donc écrire aussi Combien font 6 fois 4 ? Combien font quater et quatre ?

Ces remarques à propos de faire valent aussi pour égaler ou donner.

Cordialement.

Serge H. (Slovénie)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Madame, Monsieur,

Le sujet est d’importance. On lit, on entend : « Albert et Ernestine ont fait l’amour ». C’est clair.

On lit, et on entend : « Albert a fait l’amour avec Ernestine », comme, réciproquement, « Ernestine a fait l’amour avec Albert » – il me semble que l’on comprend bien la même chose.

On entend aussi la phrase, plus qu’on ne la lit ( ?) : « Albert a fait l’amour à Ernestine », et beaucoup plus rarement la réciproque.

Les deux constructions, avec « avec » et avec « à », sont-elles d’usage correct et strictement synonymes ? Et d’où provient cette triple construction possible ?

Merci de votre réponse, et de l’excellence de votre site !

 

L’Académie répond :

Monsieur,

Au 16e siècle, faire l’amour à signifiait « courtiser ».

Aujourd’hui on trouve faire l’amour à et faire l’amour avec et les sens sont assez proches, mais la préposition avec suppose une forme d’égalité, alors que la préposition à peut supposer une forme de passivité de la personne complément de la locution faire l’amour. Cela est plus vrai quand le complément est un nom et cela s’estompe quand le complément est un pronom.

Cordialement.

Timoty W. (Belgique)

Le 06 avril 2018

Courrier des internautes

Doit-on dire « champ de bataille » ou « champ de guerre » ?

Timoty W. (Belgique)

L’Académie répond :

Monsieur,

On dit un champ de bataille car celle-ci se déroule en un seul endroit, alors qu’une guerre se déroule sur différents fronts. C’est pourquoi on dit la Première Guerre mondiale et la bataille de la Marne.

Cordialement.

Antonin E. (France)

Le 01 mars 2018

Courrier des internautes

Je voulais savoir si les noms de famille devaient s’écrire tout en majuscule ou juste avec une majuscule pour la première lettre ?

Merci d’avance.

Antonin E. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Grammaticalement, seule la première lettre demande la majuscule, mais il arrive que, pour des raisons de clarté et de lisibilité, on demande que le nom entier soit en majuscules.

Cordialement.

Cara E.-G. (France)

Le 01 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je suis une étudiante Erasmus actuellement en France (je viens d’Angleterre) et je suis en train de faire des recherches pour mon mémoire sur la présence du franglais et des anglicismes dans la langue française. Je suis tombée sur beaucoup d’anglicismes courants et leurs équivalents mais je n’arrive pas à trouver un équivalent officiel pour « être fan de ». Je me demandais si quelqu’un de l’Académie française pourrait m’aider à trouver une expression alternative. En tant qu’apprenant de votre belle langue, je m’excuse si j’ai commis des erreurs. Je vous remercie d’avance.

Cordialement.

Cara E.-G. (France)

L’Académie répond :

Chère Madame,

L’abréviation française de fanatique, fana, proche de l’abréviation anglaise, ne s’entend plus guère : être fana de danse, de tel danseur.

Si l’on souhaite parler d’une passion concernant une personne, une célébrité, on pourra utiliser une périphrase, par exemple avec idole : ce photographe est son idole.

Si la passion se rattache plutôt à une matière (une science, un art, un sport), on pourra employer, dans un registre familier « être mordu de », d’une manière plus soutenue « être féru de » ou, plus simplement, « être passionné de ».

Votre français est excellent.

Fabien A. (France)

Le 01 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Combien de syllabes comprend le nom propre (la ville) « Évian » ?

Je me demande si elle en comprend 2 ou 3 ? car la prononciation du « i » d’Évian n’est pas muette, donc, selon moi, constitue une syllabe.

Pourriez-vous me le confirmer ?

Fabien A. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

On ne prononce pas le i d’Évian comme une voyelle, mais comme une semi-consonne [ j ], comme dans viens ! Il n’y a donc que deux syllabes dans ce nom.

Cordialement.

K. (France)

Le 01 mars 2018

Courrier des internautes

Dans les Fables de La Fontaine, il fait usage d’un imparfait de l’indicatif usant d’un « oi » plutôt que d’un « ai ». La terminaison « oi », quoique plus en vigueur dans la conjugaison de l’imparfait de l’indicatif, est-elle une faute lorsqu’on l’emploierait ? ou son utilisation est-elle permise bien que rare ?

K. (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

La forme d’imparfait en -oi est un archaïsme totalement hors d’usage aujourd’hui. Les imprimeurs Pierre et Firmin Didot furent les premiers à remplacer ce groupe oi par ai. L’Académie française n’adopta cette réforme qu’en 1835, pour la sixième édition de son Dictionnaire, alors même que cette réforme était réclamée depuis longtemps par Voltaire.

Employer l’imparfait en oi est aujourd’hui une faute.

Cordialement.

Kenneth Y. (France)

Le 01 mars 2018

Courrier des internautes

Bonjour Madame, bonjour Monsieur,

J’écris pour poser une petite question sur la différence conceptuelle entre « c’est pas mal » et « c’est pas terrible ». J’entends bien que le premier signifie quelque chose de positif alors que le deuxième signifie quelque chose d’assez négatif. Est-ce qu’il y a une raison linguistique pour expliquer ces usages plutôt inattendus (au moins pour un étranger comme je suis) ?

Merci beaucoup.

Kenneth Y. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Mal employé adjectivement a une valeur négative ; nier cette valeur négative est une litote pour souligner les qualités de quelque chose. (C’est un peu l’équivalent du Va, je ne te hais point, de Chimène.)

Terrible peut être employé comme adjectif désignant le très haut niveau. Voyez la chanson du regretté Johnny Halliday Elle est terrible : « … celle qui vient/C’est la plus belle de tout le quartier […]. Cette fille-là, mon vieux/Elle est terrible ». Nier cette valeur positive est un euphémisme servant à dénoncer la médiocrité de telle ou telle chose.

Cordialement.

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