Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Liliane P. (France)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Sur une chaîne de télévision, vers 20 heures, on a lu successivement le message suivant : « cette nuit aura lieu le débat Clinton-Trump ». Puis, deux minutes plus tard : « la nuit prochaine aura lieu le débat Clinton – Trump ».

Question : dans quel cas « cette » (nuit) indique la nuit passée et dans quel cas la nuit à venir ?

Liliane P. (France)

L’Académie répond :

Seul le contexte peut indiquer si cette nuit désigne la nuit passée ou la nuit à venir. Pour cela le rôle des temps est, évidemment, très important. Ici, le futur, aura indique qu’il s’agit de la nuit à venir.

Mehdi F. (Hong Kong)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Je souhaiterais connaître l’orthographe du verbe aller afin de retranscrire les expressions suivantes:

Bon, aller (ou allez),

Ou simplement

Aller (ou allez),

Mehdi F. (Hong Kong)

L’Académie répond :

Dans ces cas, on a des impératifs et non des infinitifs.

On le voit en remplaçant le verbe aller par le verbe venir, par exemple. On dira Bon venez et venez et non Bon venir ou venir.

Patrick S. (Belgique)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Le mot « tanka » qui est d’origine japonaise et qui est un poème court, doit-il s’écrire au pluriel avec un S ou non - puisque mot étranger ?

Patrick S. (Belgique)

L’Académie répond :

Depuis les rectifications orthographiques publiées au Journal Officiel en 1990, on considère que les noms ou adjectifs empruntés à une langue étrangère ont un singulier et un pluriel réguliers. On choisit comme forme du singulier la forme la plus fréquente, même s’il s’agit d’un pluriel dans la langue d’origine : un blini, des blinis ; un scénario, des scénarios. Sur ce modèle, au pluriel, tanka s’écrira tankas.

Pierre G. (France)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Pourriez-vous nous rappeler les règles d’accord qui doivent s’appliquer avec le nom « gens » ?

Pierre G. (France)

L’Académie répond :

Dès le Moyen Âge, on a souvent mis au masculin les adjectifs et les pronoms qui suivaient gens : « Ces gens deviennent jaloux ».

Gens est masculin, mais lorsqu’il est immédiatement précédé d’un adjectif non épicène, si le nom n’est pas suivi d’un complément désignant un état, une profession ou une qualité, cet adjectif et tous ceux qui le précédent en formant une unité se mettent au féminin : ces bonnes gens, les vieilles gens.

Tobias H. (Allemagne)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Je suis professeur de français dans un lycée allemand. Pour exprimer « le soleil brille », on trouve les expressions « il y a du soleil », « il fait du soleil », « il fait soleil » et « il est ensoleillé ». J’aimerais savoir laquelle de ces expressions est la plus correcte. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Tobias H. (Allemagne)

L’Académie répond :

On dira plus souvent il fait un beau soleil, il y a du soleil, il fait du soleil.

La forme elliptique il fait soleil n’est pas incorrecte mais d’usage familier.

En revanche, *il est ensoleillé n’est pas correct.

Franck M. (Congo)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Comment appelle-t-on une personne qui a beaucoup d’enfants ?

Franck M. (Congo)

L’Académie répond :

On parle de multipare pour une femme qui a plusieurs enfants et de grande multipare pour une femme qui a eu beaucoup d’enfants.

Pour les hommes, on recourt à des périphrases, comme « père de famille nombreuse » ; « mère de famille nombreuse » se rencontre évidemment aussi dans la langue courante.

Lucie H. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Avec un ami on s’écharpe sur le pluriel du mot « iPhone » : avec ou sans -s à l’écrit ?

Lucie H. (France)

L’Académie répond :

Quand un produit d’usage courant tire son nom d’une marque de fabrique, il reste invariable et prend la majuscule : deux Abribus, un rouleau de Scotch.

Quand ces mêmes noms sont si répandus qu’ils sont devenus de véritables noms communs, ils prennent la marque du pluriel et perdent la majuscule : des diesels, des klaxons, des cotons-tiges, des pédalos, etc.

Lorsqu’ils sont précédés du nom d’espèce, ils retrouvent leur valeur de nom propre : des fusils Lebel, des moteurs Diesel.

M. R. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Quand on donne l’heure officielle, par exemple « 00:10 », est-ce qu’il faut dire « il est zéro heure dix » ou « vingt-quatre heures dix ». Je voudrais savoir quelle est la forme à proscrire ou si les deux sont possibles.

M. R. (France)

L’Académie répond :

On dit zéro heure dix, puisque, à partir de 24 heures, le jour est fini et l’on recommence simultanément à 0.

On dit Le bébé né mardi à zéro heure dix (0h 10) – ou, mieux, minuit dix – et non lundi à vingt-quatre heures dix.

Nicolas E. (France)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Je n’ai pas trouvé dans vos rubriques d’article sur la manière d’orthographier « bienvenue » lorsque l’on accueille des gens : faut-il écrire « Bienvenus chez moi ! » lorsqu’il s’agit d’un groupe d’hommes par exemple, ou « Bienvenue chez moi » ? En d’autres termes, lorsque l’on utilise cette expression, s’agit-il de l’adjectif ou du substantif ?

Nicolas E. (France)

L’Académie répond :

Le terme bienvenue est une forme substantivée du participe passé du verbe vieilli bienvenir et il est féminin. On écrira donc Bienvenue à vous ! (c’est-à-dire : nous vous souhaitons la bienvenue). En revanche, si le participe passé bienvenu est employé adjectivement, il s’accordera : un visiteur bienvenu, soyez les bienvenus ; des récompenses bienvenues, etc.

Stéphanie A. (Belgique)

Le 01 décembre 2016

Courrier des internautes

Je suis professeur de français langue étrangère et j’ai une question à vous poser suite à une remarque d’une élève qui se plaint que la liste des 15 verbes qui se conjuguent avec l’auxiliaire être aux temps composés est toujours incomplète dans les manuels et les précis de grammaire de français, oubliant notamment les verbes paraître et apparaître (pour lesquels la question du choix de l’auxiliaire semble d’ailleurs floue et non tranchée entre l’usage et la théorie de l’Académie). Je souhaiterais donc savoir quelle est la classification complète des verbes qui se conjuguent avec l’auxiliaire être car nous-mêmes enseignants sommes parfois bien en peine de trouver une réponse claire à cette question d’importance pour l’apprentissage du français, aventure parfois semée de drôles d’embûches pour nos amis étrangers.

Merci d’avance pour vos éclaircissements fort utiles sur cette question de codification de la langue.

Stéphanie A. (Belgique)

L’Académie répond :

Il existe effectivement un certain nombre de verbes, intransitifs ou pris intransitivement, qui se conjuguent avec avoir quand ils expriment l’action elle-même et avec être quand ils expriment l’état résultant de cette action. Dans de nombreux cas, la nuance est peu nette, et cette distinction est plus théorique que pratique.

On constate que pour ces verbes l’usage a aujourd’hui très nettement choisi les formes avec être.

Dites à vos élèves d’utiliser être dans ce cas, mais qu’il est possible de trouver des textes où l’on rencontre avoir : l’hiver est passé vite ou l’hiver a passé vite ; ce livre est paru l’an dernier ou ce livre a paru chez tel éditeur.

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