Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Roxane W. (France)

Le 5 juillet 2018

Courrier des internautes

Est-il préférable dans le contexte donné de dire : « certaines réponses m’ont paru déstabilisantes bien que d’une grande vérité ? » ou bien « certaines réponses m’ont paru déstabilisantes bien que d’une grande véracité » ?

Merci d’avance pour votre réponse, je ne parviens pas à distinguer de réelle différence d’usage entre les deux termes.

Roxane W. (France)

L’Académie répond :

On dira d’une grande vérité ; la véracité est la qualité de celui qui s’attache à dire la vérité, qui ne ment pas, alors que la vérité est la conformité d’une représentation à son objet. On dit la vérité et on parle avec véracité.

Angela M. (Italie)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je sais que l’expression la plus correcte est « cela me fait grand plaisir » mais je voudrais savoir si l’expression « ça me fait très plaisir » peut être acceptée dans un registre de langue familier.

Je vous remercie en avance.

Angela M. (Italie)

L’Académie répond :

Madame,

Dans la mesure où, dans la locution verbale « faire plaisir », le verbe faire est suivi d’un substantif sans article, on veillera en effet à accompagner le substantif non pas d’un adverbe de degré mais d’un adjectif : « faire grand plaisir, faire un immense plaisir ».

Sans doute par analogie avec d’autres locutions dont le second élément peut être analysé comme adjectif (avoir froid, faire chaud...), l’emploi d’un adverbe de degré (« faire très plaisir ») est parfois toléré mais il relève alors de la langue familière.

Cordialement.

Aubert (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

« Merci de nous tenir informé » ou « Merci de nous tenir informés » ?

Aubert (France)

L’Académie répond :

Madame, Monsieur,

De fait, c’est nous, complément d’objet direct antéposé, qui commande l’accord. Si c’est un pluriel dit « de politesse » adressé à un seul homme : informé ; à une seule femme : informée. Si c’est un vrai pluriel adressé à un groupe exclusivement féminin : informées ; à un groupe comprenant au moins un homme, c’est le plus probable : informés.

Cordialement.

Étienne S. (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

« L’œil qui frise » ?

Étienne S. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Avoir l’œil qui frise signifie « avoir l’œil qui papillote », les mouvements de cils étant comparés aux ondulations des cheveux qui frisent. Ces mouvements sont provoqués par un spectacle d’une grande beauté, souvent une personne que l’on trouve affriolante.

Cordialement.

Mireille M. (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour

Dans le CNRTL on trouve le terme « émotionnant » qui vient du verbe « émotionner ». Je ne trouve pas ce mot sur votre site et suis très surprise car je croyais qu’on disait « émouvant ». Qu’en dites-vous ? (Cela m’embête car je suis professeur de français et j’ai repris un élève assurant que ce mot était un néologisme.)

Merci.

Mireille M. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Émotionner (avec son participe présent) est un verbe familier, datant du xixe siècle, et qu’emploient aussi bien George Sand qu’Émile Zola ou l’académicien Jean Delay.

Il est bien défini comme un mot familier dans notre Dictionnaire (voir sa définition en ligne) et on emploiera de préférence à l’écrit les mots émouvoir et émouvant.

Cordialement.

Raphaël D. (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Beaucoup de personnes autour de moi soutiennent que l’utilisation de « ou » avec « sinon » est incorrecte (par exemple : « On pourrait la peindre en bleu, ou sinon en rouge... »).

Moi-même peu convaincu de cette expression, (elle me semble plus orale qu’écrite, et encore...), j’aimerais avoir votre avis sur la question.

Merci.

Raphaël D. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

L’emploi de « ou sinon » n’est nullement incorrect, même si ou, dans le cas que vous citez, est effectivement pléonastique.

On trouve par exemple chez Camus « Et la première façon de vous rendre utile dans ces terribles circonstances, c’est de bien faire votre travail. Ou sinon, le reste ne sert à rien ».

Ou sinon peut être remplacé par ou bien, mais il faut cependant noter que sinon, qui signifie « si ce n’est pas le cas », est employé pour marquer l’alternative négative d’un précédent énoncé positif. Ou bien ne marque pas une alternative aussi radicale ; c’est pourquoi il ne peut pas toujours être remplacé par ou sinon.

Cordialement.

Séverine Mayo-S. (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Doit-on écrire « d’un à quatre ans après la fin des études » ou bien « de un à quatre ans après la fin des études » ?

Merci d’avance de votre réponse.

Bien cordialement.

Séverine Mayo-S. (France)

L’Académie répond :

Madame,

Le e de la préposition de s’élide devant l’article indéfini un, mais non devant l’adjectif numéral un. On dira donc la naissance d’un enfant mais un muret de un mètre de haut.

Toutefois, si un est suivi de décimales, on fait aussi l’élision : un mur d’un mètre cinquante de haut.

On dira donc de un à quatre ans après la fin des études.

Cordialement.

Soumet S. (France)

Le 7 juin 2018

Courrier des internautes

Bonjour,

Je voudrais savoir la différence entre ces deux formulations :

1. Collectifs d’auteurs de Loire atlantique,

2. Collectif des auteurs de Loire atlantique.

Est-ce que la seconde formulation présuppose que ce collectif réunit tous les auteurs ?

Est-ce que la première formulation est un peu exclusive ?

Le « de » est-il partitif ?

Le « des » est-il un défini contracté ?

Nous voudrions savoir quelle serait la meilleure formulation pour que le collectif invite tous les auteurs à nous rejoindre.

En vous remerciant chaleureusement pour votre attention et votre réponse, nous vous envoyons nos salutations les meilleures.

Soumet S. (France)

L’Académie répond :

Madame,

La seconde formulation suppose qu’il y a tous les auteurs de Loire-Atlantique, ou que tous peuvent y être ; la première suppose qu’il n’y a que quelques-uns de ces auteurs.

De est ici une préposition.

Des est ici la contraction de de + les.

Cordialement.

Axel P. (France)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

Les verbes du 2e groupe ont comme dérivés des substantifs masculins terminés par i. Exemples :

Affranchir, un affranchi. Étourdir, un étourdi, etc.

Le nom « vernis » semble faire exception à la règle.

Pour quelle raison?

Axel P. (France)

L’Académie répond :

Monsieur,

Les verbes du 2e groupe ont des dérivés nominaux en -i : un affranchi, un étourdi. C’est aussi le cas pour un verni quand ce nom désigne une personne chanceuse. Vernis n’est pas tiré de vernir, c’est l’inverse. Le verbe vernir est dérivé du nom vernis. Ce dernier est issu de l’italien vernice, « vernis », lui-même issu du latin médiéval veronice, « résine ». Veronice vient du grec byzantin Beronikê, « résine, ambre », qui est peut-être lié à Berenikê, ancien nom d’une ville de Cyrénaïque.

Cordialement.

François C. (Suisse)

Le 4 mai 2018

Courrier des internautes

J’ai écrit un manuscrit d’un roman policier se passant au xixe siècle en Angleterre.

Le mot « bobby », que je n’ai pas trouvé dans le dictionnaire Larousse 2008, figure sur le site internet de Larousse. Est-il incorrect de l’utiliser ou vaut-il mieux l’éviter ?

Meilleures salutations.

François C. (Suisse)

L’Académie répond :

Monsieur,

Bobby s’est développé en Angleterre dans les années 1835-1845. Le nom a été donné aux policiers parce que l’on appelait familièrement Bobby sir Robert Peel, qui fut ministre de l’Intérieur et réorganisa la police métropolitaine de Londres. Ces mêmes policiers furent d’ailleurs également appelés, particulièrement en Irlande, des peelers.

Vous pouvez employer bobby si votre roman se passe dans la deuxième moitié du xixe siècle, ou après.

Cordialement.

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