Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Séverine (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Doit-on dire :

« Raconte à tes amis la dernière fois où tu as eu du mal à t’endormir » ou bien : « Raconte à tes amis la dernière fois que tu as eu du mal à t’endormir » ? (« où » ou « que » après « la dernière fois » ?)

Séverine (France)

L’Académie répond :

Le Moyen Âge et la langue classique ont souvent substitué que à dont ou bien à ou à un pronom relatif précédé d’une préposition (dans lequel, sur lequel, etc.) : « Me voyait-il de l’il qu’il me voit aujourd’hui ? » (Racine) ; « Du temps que les bêtes parlaient » (La Fontaine). Aujourd’hui, d’une part la langue populaire emploie volontiers ce tour, qu’il convient d’éviter (par exemple, L’endroit que je l’ai rencontré. Le livre qu’il a envie…) ; et d’autre part la langue littéraire veut parfois rester fidèle à cet ancien usage en employant que au lieu de où : « L’hiver qu’il fit si froid […]. Le jour que cela est arrivé […]. Au moment que je le reverrai […] » (Dictionnaire de l’Académie française), « Certaine nuit que devait venir l’enlever son amant » (A. Gide, Isabelle).

L’usage normal est pourtant d’employer où. On notera toutefois qu’on doit employer que après certaines expressions marquant le temps, comme aujourd’hui, à présent, maintenant, chaque fois, la dernière fois, la première fois, il y a deux ans ou longtemps, voici (ou depuis) deux ans, voilà longtemps : Maintenant qu’il est là. Il y a un mois que je ne l’ai vu. Depuis trois ans qu’il vivait à l’étranger. Chaque fois que je l’ai vu.

Simon R. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Dans votre formidable rubrique « Dire, ne pas dire », vous précisez que l’expression « à ce qu’il paraît » relève d’un médiocre niveau de langage, ce qui a été confirmé par mon aïeule. Cependant, j’ai retrouvé cette expression dans certains livres écrits par les plus grands de la littérature française, comme le roman « Pauline » d’Alexandre Dumas. Bien que certains auteurs puissent se permettre plus de choses concernant notre chère langue. Ainsi, pouvons-nous employer cette expression ?

Simon R. (France)

L’Académie répond :

Au nom de toute l’équipe de Dire, ne pas dire, je vous remercie pour vos compliments.

Quand j’étais à l’école primaire, notre instituteur parlait de Licence poétique et nous disait que si un jour nous écrivions des poèmes ou des romans, nous serions autorisés à nous donner ce type de liberté, mais que, en attendant, nous devrions nous astreindre à suivre la règle.

On réservera donc à ce qu’il paraît, que l’on trouve aussi dans des dialogues chez Zola, à une langue orale familière.

Vincent G. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Vous avez une langue que j’adore. Chez nous, nous parlons en basque, mais nous parlons aussi un peu de français tous les jours. C’est bon pour la santé. À notre pays il y a quatre langues : le basque, le castillan, le français et l’occitan.

Vincent G. (France)

L’Académie répond :

Merci pour cette déclaration d’amour à la langue française et au plurilinguisme.

Céline R. (Suisse)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Je réalise actuellement une version française d’un documentaire dans lequel il est fait mention du « roi de Danemark » ou « roi du Danemark ». Pouvez-vous me dire laquelle des deux formulations est correcte ? Je vous remercie d’avance de votre réponse.

Céline R. (Suisse)

L’Académie répond :

Selon la liste établie par le ministère des Affaires étrangères, parue au J. O., on dit : « le Danemark » ou « le royaume de Danemark », avec l’article défini. Il convient donc de dire aujourd’hui : « le roi du Danemark ».

On rencontre néanmoins la forme « le roi, le royaume de Danemark » dans des expressions plus anciennes ou plus traditionnelles : dans notre Dictionnaire, par exemple : « les feus rois de Suède et de Danemark », ou encore dans des traductions anciennes du Hamlet de Shakespeare : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark. »

Les deux formes sont correctes, mais la forme avec du est plus moderne et plus répandue de nos jours.

Francis M. (France)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Est-il élégant de souhaiter « une bonne continuation » ?

Francis M. (France)

L’Académie répond :

Continuation ainsi employé ne figure pas dans la définition de la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française.

Dans le Grand Robert et le Trésor de la langue française informatisé, cette formule est considérée comme familière. Je vous conseille de ne l’utiliser qu’en contexte privé, avec des proches.

Liliane P. (France)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Sur une chaîne de télévision, vers 20 heures, on a lu successivement le message suivant : « cette nuit aura lieu le débat Clinton-Trump ». Puis, deux minutes plus tard : « la nuit prochaine aura lieu le débat Clinton – Trump ».

Question : dans quel cas « cette » (nuit) indique la nuit passée et dans quel cas la nuit à venir ?

Liliane P. (France)

L’Académie répond :

Seul le contexte peut indiquer si cette nuit désigne la nuit passée ou la nuit à venir. Pour cela le rôle des temps est, évidemment, très important. Ici, le futur, aura indique qu’il s’agit de la nuit à venir.

Mehdi F. (Hong Kong)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Je souhaiterais connaître l’orthographe du verbe aller afin de retranscrire les expressions suivantes:

Bon, aller (ou allez),

Ou simplement

Aller (ou allez),

Mehdi F. (Hong Kong)

L’Académie répond :

Dans ces cas, on a des impératifs et non des infinitifs.

On le voit en remplaçant le verbe aller par le verbe venir, par exemple. On dira Bon venez et venez et non Bon venir ou venir.

Patrick S. (Belgique)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Le mot « tanka » qui est d’origine japonaise et qui est un poème court, doit-il s’écrire au pluriel avec un S ou non - puisque mot étranger ?

Patrick S. (Belgique)

L’Académie répond :

Depuis les rectifications orthographiques publiées au Journal Officiel en 1990, on considère que les noms ou adjectifs empruntés à une langue étrangère ont un singulier et un pluriel réguliers. On choisit comme forme du singulier la forme la plus fréquente, même s’il s’agit d’un pluriel dans la langue d’origine : un blini, des blinis ; un scénario, des scénarios. Sur ce modèle, au pluriel, tanka s’écrira tankas.

Pierre G. (France)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Pourriez-vous nous rappeler les règles d’accord qui doivent s’appliquer avec le nom « gens » ?

Pierre G. (France)

L’Académie répond :

Dès le Moyen Âge, on a souvent mis au masculin les adjectifs et les pronoms qui suivaient gens : « Ces gens deviennent jaloux ».

Gens est masculin, mais lorsqu’il est immédiatement précédé d’un adjectif non épicène, si le nom n’est pas suivi d’un complément désignant un état, une profession ou une qualité, cet adjectif et tous ceux qui le précédent en formant une unité se mettent au féminin : ces bonnes gens, les vieilles gens.

Tobias H. (Allemagne)

Le 05 janvier 2017

Courrier des internautes

Je suis professeur de français dans un lycée allemand. Pour exprimer « le soleil brille », on trouve les expressions « il y a du soleil », « il fait du soleil », « il fait soleil » et « il est ensoleillé ». J’aimerais savoir laquelle de ces expressions est la plus correcte. Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Tobias H. (Allemagne)

L’Académie répond :

On dira plus souvent il fait un beau soleil, il y a du soleil, il fait du soleil.

La forme elliptique il fait soleil n’est pas incorrecte mais d’usage familier.

En revanche, *il est ensoleillé n’est pas correct.

Pages