Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Huguette P. (Canada)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

Peut-on utiliser le mot « culturème » comme dans : Traduire le culturème.

Huguette P. (Canada)

L’Académie répond :

Le Grand Dictionnaire terminologique, disponible en ligne sur le site de l’Office québécois de la langue française, consacre une fiche au terme culturème défini comme suit : « élément constituant d’une culture ».

Vous pouvez donc l’utiliser, en prenant bien garde de l’employer dans une langue de spécialité (et non dans la langue courante où il risquerait de ne pas être compris.)

Julien C. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

Je m’interroge sur l’emploi de l’expression suivante : « Je vous accuse réception de votre lettre ».

Cette phrase, avec l’emploi de « vous », est-elle correcte ?

Julien C. (France)

L’Académie répond :

Effectivement, le vous n’est nullement nécessaire dans cette formule épistolaire et constitue ce que les grammairiens nomment l’expression du « datif éthique », un renforcement stylistique du pronom personnel qui est facultatif (comme dans : « je me la bois, cette bière. »).

« J’accuse réception de votre lettre » est tout à fait correct. Le renforcement avec vous n’est pas une faute et se rencontre chez les meilleurs auteurs (dans la correspondance de Victor Hugo, par exemple).

Julien G. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

La formule « Au plaisir de (+ infinitif) », utilisée en guise de formule politesse à la fin d’un courrier, est-elle à considérer comme familière ?

Je n’arrive pas à en retrouver l’origine.

Julien G. (France)

L’Académie répond :

Je ne trouve pas trace de cette locution dans la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française. Mais elle figure dans le TLF, où elle n’est pas notée comme familière ; une remarque signale cependant que cette formule, surtout quand il y a ellipse de l’infinitif, est considérée comme « petite-bourgeoise ou populaire, en tout cas peu distinguée ».

Le Bon Usage de Grevisse signale seulement que « la réduction à Au plaisir ! est souvent taxée de populaire.

Rien ne vous interdit d’employer cette tournure avec infinitif dans une correspondance privée entre proches.

Évitez-la dans des cadres professionnels ou mondains, lorsque vous ignorez la position de votre correspondant sur ce sujet.

Kasper S. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

J’aimerais savoir s’il est correct de prononcer « scht » les lettres « st » dans les noms :

Ex : « Einschtein » ou lieu de Einstein ou « Schtrauss » au lieu de Strauss.

Kasper S. (France)

L’Académie répond :

Plus les noms sont récents, plus la prononciation est proche de ce qu’elle est dans la langue d’origine. On dit toujours Einchtein.

Quant aux noms plus anciens, qui ont été plus souvent simplement lus et non entendus, on les prononce à la française, et l’on dit Strauss.

Olivier M. (France)

Le 02 mars 2017

Courrier des internautes

Ma question concerne l’emploi fautif de la locution « en termes de ».

Entendu à la télé : « En termes de menuiserie, on a choisi du médium qui a été peint. »

Que doit-on dire : en matière de menuiserie, pour ce qui est de la menuiserie, quant à la menuiserie ?

Olivier M. (France)

L’Académie répond :

Dans le sens de « dans le vocabulaire, dans le langage de », en termes de est la seule forme correcte : en termes de marine, de médecine, de jurisprudence, etc.

En termes de au sens de « en matière de » est un anglicisme à proscrire. On emploiera donc les locutions quant à, en matière de ou en ce qui concerne…

Au terme de, quant à lui, signifie « à la fin de » : Au terme de l’année de première, les lycéens passent le baccalauréat de français.

Claire B. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Je suis professeur des écoles et j’ai eu une formation sur la langue française et l’étymologie des mots au service de la compréhension hier soir. Les formateurs nous ont fait relever toutes les graphies du son [in] et ils y ont mis les graphies UN et UM. Cela m’a choquée car pour moi « in » et « un » ne se prononcent pas de la même façon. Mais j’étais la seule à le penser. Qu’en est-il vraiment ?

Claire B. (France)

L’Académie répond :

Les dictionnaires qui utilisent l’A.P.I. mentionnent tous la différence entre un et in.

Il est exact que certaines personnes ne font plus la différence, mais la majorité continue à la faire.

Les enseignants que j’ai contactés considèrent cette différence comme très importante et l’enseignent tous à leurs élèves.

Eric L’H. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Je voudrais savoir si les titres des codes juridiques commencent par une majuscule ou non.

Le Code civil ou le code civil ?

La Cour de cassation n’utilise pas la majuscule dans ses arrêts mais je pense qu’elle doit être utilisée.

Eric L’H. (France)

L’Académie répond :

On met la majuscule à code, comme dans le Code civil, le Code pénal, le Code forestier, le Code de l’urbanisme.

L’Imprimerie nationale les traite comme des titres d’œuvres avec cette différence toutefois, comme dans le cas des livres sacrés, qu’on n’emploie pas l’italique : ainsi on écrira en romain le Code civil, le Code pénal de la même manière que l’on écrit la Bible, la Genèse, le Coran… 

Gérald V. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Doit-on dire « Ils les avaient pris pour cible » ou « Ils les avaient pris pour cibles » ?

Doit-on dire « Ici se trouvent des poteaux de couleur » ou « Ici se trouvent des poteaux de couleurs » ?

Gérald V. (France)

L’Académie répond :

On peut trouver les deux formes. Il est possible que, comme il y a plusieurs personnes, il y ait plusieurs cibles. On lit ainsi dans Le Bateau ivre, de Rimbaud : « Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles. »

On peut aussi considérer que chacun est une cible et conserver ce nom au singulier.

On écrit des poteaux de couleur, comme des crayons de couleur.

J. Eudes M. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Dans le débat sur le changement climatique, l’une des solution retenue consiste à tenter d’éliminer le dioxyde de carbone de la production d’énergie. Doit-on utiliser décarbonisation ou décarbonation ?

Dans son édition électronique, le Petit Larousse suggère décarbonatation qui semble plutôt l’opération consistant à éliminer des carbonates.

J. Eudes M. (France)

L’Académie répond :

Le Dictionnaire de la chimie, de C. R. Duval (édition de 1978), présente carbonation et carbonisation comme synonymes, assortis de la définition suivante :

« Transformation d’un corps organique en charbon sous l’effet de la chaleur, de l’acide sulfurique... ». Les deux formes de base sont donc acceptées en chimie.

Le Grand Dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française propose décarbonisation et décarbonation, définis comme l’« ensemble des mesures et techniques mises en place en vue de limiter l’utilisation des hydrocarbures comme source d’énergie ». La Commission d’enrichissement de la langue française ne s’est pas prononcée. Cela dit, les occurrences de décarbonisation sont plus nombreuses en français.

La définition de décarbonater, dans le Duval, est la suivante : « Enlever à une substance le gaz carbonique combiné ». En effet, le terme décarbonater évoque le retrait du carbonate et il est généralement utilisé de la sorte (décarbonation d’un sol, d’une eau, par exemple).

Vous pouvez proposer ces termes dans la boite à idées du site France Terme à l’adresse suivante : www.culture.fr/franceterme.

Julien B. (France)

Le 02 février 2017

Courrier des internautes

Dans notre atelier d’écriture, j’ai rencontré le mot « urgence » à partir de la lecture du texte de Dany Laferrière « Eloge de l’alphabet ». C’est un mot que l’on retrouve souvent. Est-ce que son étymologie explique une telle fréquence d’usage ? Merci beaucoup de votre réponse.

Julien B. (France)

L’Académie répond :

Urgence est dérivé d’urgent. Cet adjectif est emprunté du latin urgens, participe présent de urgere.

Ce verbe signifie d’abord « presser », au sens de « fouler aux pieds, écraser », et ensuite « être urgent ». On peut constater que le verbe latin urgere et le verbe français presser ont eu la même évolution.

En latin chrétien le neutre pluriel urgentia signifiait « nécessités présentes ».

Mais la fréquence d’emploi d’urgence n’est pas liée à son étymologie.

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