Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Marc E. (France)

Le 04 mai 2017

Courrier des internautes

Comment lit-on les grands nombres au-delà de milliard ?

Dit-on mille milliards ou bien billion ?

Dit-on trillion ou bien milliard de milliards ?

Marc E. (France)

L’Académie répond :

Les mots billion et trillion existent en français : ils signifient respectivement mille millions, ou aussi un million de millions, et mille milliard, ou aussi un milliard de milliards. De même, on trouve quadrillon, quintillion et sextillion.

Cependant, ces termes sont vieillis dans leur première acception, et rares dans leur deuxième.

Quant à billiard, trilliard, ils ne sont pas en usage en français.

Michel F. (France)

Le 04 mai 2017

Courrier des internautes

Je me permets de soumettre à votre avis le texte de l’article 353 du code de procédure pénale (l’un des plus beaux) où l’on trouve le passage suivant « quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées ... ».

L’accord du verbe « faire » dans le texte a en fait quelque chose de « choquant » à l’oreille. Je suppose que l’accord du participé passé conjugué avec le verbe avoir doit se faire avec le COD (impression) placé avant, cependant, çà ne sonne pas bien, compte-tenu du mélange de singulier et de pluriel « impression ont faite » et compte tenu du sujet placé après le verbe.

Au final, je me demande si cette tournure est vraiment correcte !

Michel F. (France)

L’Académie répond :

Je ne sais pas si la lecture de cet article vous a été suggéré par le récent roman de Tanguy Viel, mais vous avez raison, cet article du Code de procédure pénale est une merveille. L’accord est tout à fait correct car impression est le COD antéposé. Il est vrai que la proximité entre ce singulier et le verbe au pluriel a quelque chose de heurté. Une postposition du verbe aurait sans doute permis d’éviter cela mais alors c’est l’ordre des compléments et leur découpage qui aurait semblé hasardeux.

Samuël S. (France)

Le 04 mai 2017

Courrier des internautes

Peut-on dire « dresser la table » pour décrire l’action qui consiste à préparer la table du repas ?

Je suppose qu’il s’agit d’un anglicisme qui vient du verbe To dress « habiller, vêtir, déguiser » (comme on parle de dress code pour désigner un code vestimentaire). J’imagine l’usage approprié s’agissant d’une table de fête car celle-ci fait l’objet de soins particuliers quant à sa présentation contrairement à la table du repas quotidien. S’il s’agit d’un anglicisme, que peut-on utiliser à la place ? Préparer, mettre, parer…

Enfin, Léonie, ma fille de 15 ans, me fait aussi remarquer avec humour qu’il est difficile de manger sur une table dressée puisque celle-ci est la verticale. Dresser appartiendrait donc ici d’abord au vocabulaire de la géométrie.

Samuël S. (France)

L’Académie répond :

L’expression dresser la table n’est pas un anglicisme ; c’est au contraire le verbe to dress qui a été emprunté de l’ancien français drecier. Celui-ci est issu du latin tardif directiare, « redresser, mettre droit », un verbe dérivé de l’adjectif directus, lui-même à l’origine des doublets droit et direct.

Dresser au sens de « disposer comme il faut, installer » est attesté en français depuis le xiie siècle. On lit dans des textes de cette époque Le mangier... drechier. L’expression être dreciez signifiait, avec pour sujet une personne, « être servi à table ».

Sylvain P. (France)

Le 04 mai 2017

Courrier des internautes

Étonné en premier lieu d’avoir entendu cet adjectif dans une conversation, après quelques recherches dont le résultat me paraît douteux, je me, et donc vous, pose la question suivante : les adjectifs comprenable et incomprenable, existent-ils (oui d’après le Littré) et, si oui, quelle différence avec compréhensible et incompréhensible.

Sylvain P. (France)

 

L’Académie répond :

À ces adjectifs on doit préférer les formes en usage compréhensible et incompréhensible. À l’article incomprenable Littré écrit d’ailleurs : « On dit mieux incompréhensible ». Et à l’article comprenable : « Peu usité ».

Les exemples qu’ils donnent sont anciens, xve siècle, chez Christine de Pisan, pour celui-ci ; xvie siècle, chez Montaigne, pour celui-là.

Thierry P. (France)

Le 04 mai 2017

Courrier des internautes

Je m’étonne que le mot « effectivité » ne figure pas au dictionnaire quoiqu’on le trouve sous les meilleures plumes, dont celles d’académiciens.

Thierry P. (France)

L’Académie répond :

Le Trésor de la langue française ne fait apparaître effectivité que comme un dérivé d’effectif et il souligne que ce nom est rare. Il l’est trop pour figurer dans un dictionnaire d’usage courant et qui n’a aucune ambition d’exhaustivité comme celui de l’Académie française.

Camille T. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Bonjour, je me demande pourquoi la lettre X a plusieurs prononciations différentes ?

Pourquoi la lettre toute seule se prononce « ikss » alors que dans certains mots elle se lit « gz » ?

Exemples : [gz]ylophone, [gz]énon, [GZ]avier, é[gz]haustive, etc.

Et pourquoi dans d’autres mots elle se lit bien « kss »?

Exemples : Comple[kss]e, anne[kss]e, e[kss]ception, etc.

Merci d’avance pour votre réponse !

Camille T. (France)

L’Académie répond :

On doit dire ksilophone.

K et s qui servent à prononcer la lettre X sont des phonèmes sourds. Ils peuvent se sonoriser, c’est-à-dire passer à g et à z quand ils sont entre voyelles (par exemple, dans inexact), car les voyelles sont des phonèmes très sonores. Dans les cas que vous citez, x est devant une voyelle, et, inconsciemment, cette voyelle sonorise k et s. Alors que dans annexe et complexe à l’oral, le x est en dernière position (le e final graphique n’est pas prononcé).

Et dans exception, x est suivi d’un c prononcé s, c’est-à-dire, une fois encore un phonème sourd.

Catherine P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Je souhaite connaitre l’expression exacte à utiliser : je vous remercie de « la confiance que ou dont vous m’avez témoigné » et si témoigné s’accorde avec le nom confiance ou la personne qui écrit.

Catherine P. (France)

L’Académie répond :

Le verbe témoigner peut se construire avec un complément d’objet direct (témoigner son amitié) ou avec un complément d’objet indirect (ses toiles témoignent de son grand talent).

Dans le premier cas, témoigner signifie « manifester, exprimer », dans le second cas, témoigner de signifie « être la preuve, le signe de ».

On pourra donc écrire, en faisant l’accord avec le complément antéposé que, qui reprend le nom féminin confiance : « Je vous remercie de la confiance que vous m’avez témoignée », ou bien, sans faire l’accord puisque l’on a un complément d’objet indirect : « Je vous remercie de la confiance dont vous avez témoigné envers moi ».

Didier P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Lorsque je cherche à remplacer « à la toute fin » par « tout à la fin » (indication que j’ai trouvée dans la Banque de dépannage linguistique), un interlocuteur sur la Toile me rétorque que cette source est québécoise et ne représente pas la norme. Qu’en est-il ?

Didier P. (France)

L’Académie répond :

On peut parfaitement employer tout à la fin (comme tout au début et au tout début). La locution adverbiale à la fin est en effet susceptible d’être modifiée par un adverbe : juste à la fin, presque à la fin, tout à la fin.

On lit chez Sainte-Beuve : « D’Aubigné, tout à la fin de sa vie, publia des psaumes en vers métriques... »

Et, pour autant que je sache, Sainte-Beuve (1804 - 1869) n’a jamais été soupçonné d’abuser des québécismes.

Emmanuel J. P. (France)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Nous avons commencé à lire le roman de G. ORWELL « La Ferme des animaux ». Un cheval est nommé Malabar. D’où vient l’expression « Fort comme un malabar » ?

Emmanuel J. P. (France)

L’Académie répond :

Les Malabars (on trouve aussi la forme Malabares) sont un peuple vivant sur la côte de Malabar, dans l’Hindoustan. Les Européens qui venaient commercer sur ces côtes rencontraient essentiellement les dockers qui chargeaient et déchargeaient les navires, un travail qui demande une grande force physique. C’est pour cette raison que les Malabars, remarquables par leur stature et leur vigueur, sont devenus des exemples d’hommes forts.

Hicham E. (Maroc)

Le 06 avril 2017

Courrier des internautes

Je voudrais savoir si on peut faire la liaison dans cette expression : les points sur les i.

Hicham E. (Maroc)

L’Académie répond :

Aujourd’hui, les lettres se prononcent comme si elles commençaient par un h aspiré. On dit le i, le s les /i, les/ s.

Il est donc préférable de ne pas faire la liaison ; cela étant, quand a été créée cette expression, les lettres se prononçaient comme si elles commençaient par un h muet. On disait l’i, l’s, les zi, les zs.

Dire les points sur les zi ne serait donc pas fautif, même si la prononciation moderne est préférable.

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