Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Jeannine B. (France)

Le 12 mai 2016

Courrier des internautes

Quels sont les liens qui existent entre les mots « tombeau, tomber et tombe » ? Je pose cette question parce qu’ils me semblent partager beaucoup de caractéristiques phonétiques et sémantiques. Si vous pouviez me donner l’étymologie de ces mots, je serai très reconnaissante.

Jeannine B. (France)

L’Académie répond :

Je me permets de vous renvoyer au Dictionnaire historique de la langue française, dirigé par Alain Rey chez Robert, à l’article « Tomber ».

Les deux mots semblent avoir des origines différentes.

Tombeau provient de tombe issu du latin ecclésiastique tumba, lui-même emprunté du grec tumbos, « tumulus funéraire », « tombe ».

Tomber, quant à lui, s’est formé à partir d’un radical tumb-, exprimant une chute ou un saut brusque, qui viendrait d’une onomatopée « probablement utilisée par les jongleurs, et qui aurait voyagé d’un pays à l’autre ».

Martin E. (France)

Le 12 mai 2016

Courrier des internautes

J’entends dire, au lieu d’allumer ou éteindre l’électricité ou certains appareils électriques, ouvrir ou fermer, par exemple ouvrir ou fermer un ordinateur portable.

Est-ce correct ?

Cela me semble trop général et peut mener à confusion si comme dans mon exemple cet appareil a un clapet.

Martin E. (France)

L’Académie répond :

Dans les tournures du type « fermer le gaz ou l’électricité », il s’agit bien souvent d’une métonymie (au lieu de fermer le robinet de gaz, l’arrivée de l’électricité…).

Il se peut qu’ensuite, par facilité d’usage, on ait au moment du développement de l’informatique, calqué un usage déjà bien ancré sur ces nouveaux appareils.

Il est vrai que dans le cas des portables, quand on les éteint (ou parfois pour les éteindre), on a tendance à rabattre l’écran sur le clavier, reconduisant ainsi les gestes d’ouverture et de fermeture. Mais vous avez raison : stricto sensu, il reste plus correct, exact de dire éteindre ou allumer, même si l’autre usage n’est pas non plus tout à fait fautif.

Matteo V. (France)

Le 12 mai 2016

Courrier des internautes

Quelles sont les règles de prononciation du groupe « eu », et est-ce qu’elles dépendent de la position dans le mot, de l’étymologie, ou de quoi ?

Matteo V. (France)

L’Académie répond :

Eu se prononce u dans gageure. Dans les autres cas, on prononce eu ouvert ou eu fermé. Quand la syllabe se termine par une consonne prononcée, eu est ouvert : du beurre, ils peuvent, seul.

Quand la syllabe se termine par eu ou une consonne non articulée, la prononciation est fermée : du feu, tu veux, il peut.

Bruno L. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

La formule « faire plaisir » est correcte mais pourquoi nombre de personnes de grande qualité disent « Cela me ferait très plaisir » ? Cet usage étant de plus en plus répandu, j’en arrive à douter. Très devant un adjectif ou un adverbe, c’est très normal mais devant un substantif, est-ce français ?

Je comprendrais que l’on dise cela me ferait grand plaisir mais très plaisir ?

J’aimerais connaître votre position sur ce point.

Bruno L. (France)

L’Académie répond :

L’introduction d’un adverbe de degré dans des locutions constituées d’un verbe et d’un nom (avoir mal, faire plaisir...), sans doute par analogie avec d’autres locutions dont le second élément peut être analysé comme adjectif (avoir froid, faire chaud...), est généralement considérée comme familière, mais on tolérera plus facilement « avoir si peur » (Sartre) qu’« avoir si tort » (La Varende), avoir très mal, faire très plaisir, que « avoir très raison » (Maupassant).

Claude A. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

J’entends souvent dire : « j’ai un de ces mals de tête ».

Le mot « mals » étant précédé de « ces » me semblerait devoir être « maux ».

Ne devrait-on pas dire : « un de ces maux de tête. »

Claude A. (France)

L’Académie répond :

Dans la langue parlée, la formule un de ces joue le rôle d’un adjectif à un haut degré.

La valeur primitive de « de ces » est si bien affaiblie que le substantif reste au singulier malgré son environnement syntaxique. On écrira donc : « J’ai un de ces mal de tête ».

Jeannine B. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

Peut-on dire « entre chaque », sachant que « chaque » est un mot singulier.

Cette question me taraude depuis  le collège des années 50 car on m’a appris qu’il fallait dire « entre deux ».

Jeannine B. (France)

L’Académie répond :

Dans la mesure où le déterminant indéfini chaque a une valeur distributive, son emploi implique forcément que le nom qu’il détermine appartienne à un ensemble pluriel.

C’est pourquoi l’usage autorise la construction entre chaque + substantif, là où le purisme exigerait la forme entre deux + substantif.

La 9e édition du Dictionnaire de l’Académie propose du reste, pour définir la notion de couture sellier, la glose suivante : « couture très solide exécutée à la main, à gros points légèrement inclinés, avec un fil épais que l’on noue entre chaque point ».

Myriam B. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

Comment appelle-t-on l’action de savourer ? Un synonyme serait dégustation mais y a-t-il un nom formé à partir de savourer ?

Myriam B. (France)

L’Académie répond :

On trouve chez Flaubert, dans Par les champs et par les grèves, le mot savouration : Longue savouration de cette nature calme, mais c’est un hapax.

Solène O. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

Que doit-on dire : « la sœur de Hugo » ou « la sœur d’Hugo » ?

Solène O. (France)

L’Académie répond :

Le e de la préposition de s’élide devant un h muet comme devant une voyelle avec les noms communs et les noms propres. On dira donc un dictionnaire d’hébreu, d’anglais, le pinceau d’Hélène, le cheval blanc d’Henri IV, les habitants d’Haïti mais un regard de hibou, un jeu de hasard, les œuvres de Haydn. L’erreur qui consiste à ne pas pratiquer l’élision (par exemple : un film de Yves Robert) tend à se répandre.

Cela dit, pour certains noms propres, même français, l’usage est encore flottant : on dira un poème d’Hugo ou de Hugo. Stendhal a écrit une Vie de Henry Brulard.

Zoé H. (France)

Le 07 avril 2016

Courrier des internautes

J’aimerais savoir pourquoi « symétrie » n’a plus qu’un « m » en français (comme en catalan, « simetria ») (alors que l’allemand, l’anglais ou l’italien ont gardé la géminée).

Si j’ai bien compris l’article du TLFI, le 2e « m » est tombé en français entre 1740 et 1762 (mais quelques lignes plus loin on a une occurrence de « symétrie » datant de 1545, donc je n’ai pas dû bien comprendre).

Savez-vous pourquoi ce « m » est tombé ? Et pourquoi ce phénomène s’est produit dans certaines langues (si c’est le même) et pas dans les autres ?

Et pourriez-vous m’indiquer avec quels outils on peut faire une recherche de ce type ? La plupart des rubriques « étymologie » dans les dictionnaires donnent l’origine latine ou grecque mais ne précisent pas l’historique de l’évolution.

Zoé H. (France)

L’Académie répond :

Il y a eu longtemps deux formes concurrentes pour ce mot : l’une avec deux m, qui était conforme à l’étymologie ; l’autre avec un seul m, qui est conforme à la prononciation.

C’est cette forme qui a été choisie par l’usage au xviiie siècle. L’allemand et l’anglais sont plus conservateurs pour les emprunts du grec et du latin, parce que ces langues ne sont pas latines. L’italien l’est également parce qu’il est plus proche du latin original.

Pour ce type de recherche, il me semble que le meilleur ouvrage est le Dictionnaire historique de l’orthographe française, de Nina Catach.

Basile M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Un de mes amis utilise souvent le terme cobureau pour désigner un de ses collègues qui travaille dans le même bureau que lui, ce terme existe-t-il ?

Si non que convient-il de dire ?

Basile M. (France)

L’Académie répond :

Cobureau ne figure dans aucun des ouvrages que j’ai consultés. Ce mot est formé sur le modèle de co-turne, employé dans l’argot estudiantin ; mais il ne doit être employé que comme une forme d’argot professionnel. En dehors de ce cadre, on dira « la personne qui partage mon bureau ».

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