Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Nicolas D. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Félicitations pour cette belle rubrique qui m’est souvent utile, en tant que « jeune ». J’ai offert les deux livres édités à ma petite sœur devenue récemment professeur de lettres. Mon grand-père était très attaché à notre très belle et si riche langue française et à toutes initiatives pour sa défense. Je ne peux que vous remercier pour vos travaux.

Nicolas D. (France)

L’Académie répond :

Au nom de toute l’équipe de Dire, ne pas dire, merci de vos compliments. Nous essaierons de continuer à en être dignes.

Stéphane M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Pouvez-vous me donner le genre du mot « team » ?

Stéphane M. (France)

L’Académie répond :

Voici, très sommairement, les usages qui président à l’attribution d’un genre aux anglicismes :

– pour les animés sexués, on dérivera de leur sexe le genre grammatical ; exemple : la nurse, le clown ;

– pour les autres mots présentant soit une finale proche des finales caractéristiques d’un genre grammatical français, soit une ressemblance ou affinité sémantique avec des mots français de tel ou tel genre, l’attribution à l’anglicisme du genre grammatical se fera par analogie (de structure ou de sens) ; exemple : les mots en -er, comme sprinter, manager sont le plus souvent des masculins ;

– pour les mots échappant aux catégories ci-dessus, le masculin, genre « non marqué », à valeur générique et, à certains égards, tenant lieu de « neutre », l’emportera ; exemple : les mots en -ing, comme jogging, lobbying, ou d’autres comme week-end, baby-foot ou dead-heat.

Les dictionnaires qui accueillent team le présentent comme un nom masculin. Mais depuis les Jeux olympiques de 1992, on donne aussi parfois à ce nom le genre de la traduction française, surtout quand il est précédé de dream (par référence à l’équipe de basket-ball des États-Unis).

François L. (La Roche-sur-Yon)

Le 08 février 2016

Courrier des internautes

Récemment, si l’on en croit les speakers et speakerines des journaux télévisés, des jeunes gens auraient été « rafalés » à l’aide d’une arme automatique. Le verbe « rafaler » existe-t-il ?

François L. (La Roche-sur-Yon)

L’Académie répond :

Je n’ai jamais lu ou entendu ce verbe avec ce sens. Raf(f)aller existe comme verbe transitif, mais c’est un verbe vieilli qui appartenait à une langue populaire ; il signifie « ruiner » ou « appauvrir ». On lit dans L’Assommoir de Zola : Il gardait aux autres une fière rancune de s’être laissé rafaler en deux ans.

Il existe aussi comme verbe intransitif. C’est un régionalisme du Québec, qui signifie « souffler en rafales ».

On évitera d’ajouter à ces deux sens celui d’« atteindre par une rafale d’arme automatique ».

Anne-Laure C. (France)

Le 05 février 2016

Courrier des internautes

Suite à un désaccord avec une connaissance, pourriez-vous me dire si l’omission du « ne », en langage courant ou familier, constitue une faute, au même titre que dans un langage plus soutenu ? J’ai cherché la définition du langage courant ou familier sur votre site internet mais je ne l’ai pas trouvée, et comme il s'agit là de la source suprême et indiscutable, j’apprécierais beaucoup que vous répondiez à mon interrogation.

Anne-Laure C. (France)

L’Académie répond :

Le ne de négation est obligatoire. On doit dire et écrire Il ne vient pas et non Il vient pas.

Le ne explétif, lui, ne l’est pas. On dira Je crains qu’il vienne ou, mieux, qu’il ne vienne.

Johan F. (France)

Le 05 février 2016

Courrier des internautes

J’aurais voulu savoir si l’on peut utiliser le terme « essaim » pour parler d’un groupe d’oiseaux ou s’il était réservé aux insectes.

Johan F. (France)

L’Académie répond :

À l’origine essaim désigne un groupe d’abeilles mais, par extension, il peut aussi désigner tout groupe d’insectes : essaim de moucherons, ou d’autres animaux : essaim de chauves-souris, essaim de bengalis, et enfin des personnes ou des choses : essaim d’écoliers, de gamins, de jeunes filles, essaim d’idées, de souvenirs.

Judith U. (France)

Le 05 février 2016

Courrier des internautes

Je cherche à savoir la définition d’« attaque personnelle » dans le sens couramment utilisé. Le terme latin correspondant serait plutôt argumentum ad hominem ou bien argumentum ad personam ?

Judith U. (France)

L’Académie répond :

Un argument ad hominem est un argument qui vise personnellement un adversaire, qui tire sa valeur des actes ou des déclarations de la personne visée.

Une attaque personnelle est une attaque qui vise plus une personne pour ce qu’elle est (au point de vue physique, moral, intellectuel) que la valeur de ce qu’elle défend.

Pierre I. (France)

Le 05 février 2016

Courrier des internautes

J’ai beaucoup aimé l’article du « Point » du 22/10/15 par B. Hernandez. J’aime qu’on respecte notre belle langue.

Pourquoi les journalistes (TV, Radio...) ne sont-ils pas repris par vous lorsqu’ils s’expriment comme mentionné dans l’article du Point ?

Pierre I. (France)

L’Académie répond :

Nous nous efforçons de combattre ces travers.

Nous notons ces fautes, mais plutôt que de faire une injonction ad hominem, nous préférons traiter la question de manière générale. Nous faisons paraître tous les mois dans Dire, ne pas dire une série de recommandations. Ces recommandations ont fait l’objet de deux recueils, intitulés aussi Dire, ne pas dire et parus chez Philippe Rey.

Alexandra R. (France)

Le 07 janvier 2016

Courrier des internautes

J’ai une question de typographie à laquelle je ne trouve de réponse dans aucun guide.

Elle est très simple : après une énumération qui se termine par des points de suspension, la proposition qui suit doit-t-elle commencer par une capitale ?

Comme dans cet exemple :

« La création des zones de marché, des facteurs guichetiers en zones rurales et la réception des recommandés sur mesure… autant d’exemples concrets qui illustrent cette stratégie. »

Alexandra R. (France)

L’Académie répond :

Les points de suspension, de même que le point d’interrogation et le point d’exclamation, peuvent clore une phrase comme le fait le point. Ils sont alors suivis d’une majuscule marquant le début d’une phrase complète. Mais ils sont évidemment suivis d’une minuscule quand c’est la même phrase qui continue – comme c’est le cas des exemples que vous citez : « Tout le monde a gagné... sauf l’équipe du Brésil ! »

« Tout le monde a gagné sauf... l’équipe du Brésil. » « C’est à ce moment qu’est arrivée... sa femme ! »

Mais : « Tout le monde a gagné... C’est du moins ce que l’on pourrait croire. » « Sa femme est arrivée... Elle n’avait pas l’air contente. »

Brigitte de M. (France)

Le 07 janvier 2016

Courrier des internautes

On entend de plus en plus souvent des formules comme « au niveau du goût, au niveau du prix, au niveau de la durée », etc. Est-ce que c’est correct ?

Étant étrangère, j’ai appris en classe : concernant ou en ce qui concerne. Est-ce que « au niveau » est plus savant ou plus « chic » ?

Brigitte de M. (France)

L’Académie répond :

Vous avez raison : la locution au niveau de ne s’emploie qu’au sens propre pour signifier à la hauteur (la fuite se trouve au niveau de la soudure). On peut l’employer au figuré mais pour exprimer une comparaison entre deux choses, toujours avec cette idée de hauteur : ses mérites ne sont pas au niveau de ses prétentions. Pour le reste, on emploiera en ce qui concerne, pour ce qui touche, du point de vue de, en matière de, quant à, sur le plan de, etc.

Bruno B. (France)

Le 07 janvier 2016

Courrier des internautes

Tout d’abord un grand merci pour votre rubrique « dire, ne pas dire », à la fois instructive et amusante, parfois surprenante, et en tout cas toujours plaisante.

Je m’interroge aujourd’hui sur le nom « calculette » utilisé pour désigner les petites machines à calculer de poche.

Dans ma jeunesse, le terme « calculatrice » était plus souvent utilisé, et il me semblait plus adéquat, dans la mesure où le suffixe « ette » apposé au radical « calcul » laisse penser que l’instrument ne permet de faire que de petits calculs, plutôt que de faire référence à la taille de l’objet.

Bruno B. (France)

L’Académie répond :

Dans le cas de calculette, le suffixe à valeur diminutive -ette ne porte pas sur l’importance des calculs effectués, mais sur la dimension de la machine (même si, in fine, les deux sont liés).

On lit, dans notre Dictionnaire, à l’article Calculatrice :

Calculatrice de poche, machine à calculer électronique de petit format (on dit aussi calculette).

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