Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Basile M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Un de mes amis utilise souvent le terme cobureau pour désigner un de ses collègues qui travaille dans le même bureau que lui, ce terme existe-t-il ?

Si non que convient-il de dire ?

Basile M. (France)

L’Académie répond :

Cobureau ne figure dans aucun des ouvrages que j’ai consultés. Ce mot est formé sur le modèle de co-turne, employé dans l’argot estudiantin ; mais il ne doit être employé que comme une forme d’argot professionnel. En dehors de ce cadre, on dira « la personne qui partage mon bureau ».

Clémence M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Question un peu naïve sans doute (et de réflexion personnelle) : à partir de quand considère-t-on qu’un mot existe ? (suffit-il qu’il soit couramment employé ?) À partir de quand et comment décide-t-on qu’il appartient à la langue française ?

Clémence M. (France)

L’Académie répond :

Vous posez une question très importante. À partir du moment où un mot est dit ou écrit, et compris par la personne à qui l’on s’adresse, ce mot existe. Mais il arrive fréquemment que ce mot appartienne à un groupe trop limité pour être enregistré par les dictionnaires de la langue française qui, si volumineux soient-ils, ne peuvent viser à l’exhaustivité.

Il arrive aussi que des mots soient trop anciens pour figurer encore dans des dictionnaires d’usage. C’est pourquoi la plupart des dictionnaires, et particulièrement le Dictionnaire de l’Académie française, s’attachent à l’idée de langue commune.

En utilisant des mots n’appartenant pas à cette langue commune en dehors du milieu où ils sont vivants, on s’expose à n’être pas compris et à être soupçonné de mal connaître le français.

David T. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

J’aimerais savoir si le mot « retrouvailles » doit toujours être employé au pluriel ou alors si un emploi au singulier serait correct.

David T. (France)

L’Académie répond :

Retrouvailles s’emploie essentiellement au pluriel pour évoquer le fait que des personnes se retrouvent. Mais cette forme existe aussi au singulier ; elle a alors un autre sens. Retrouvaille désigne le fait de retrouver ce dont on était séparé, ce qu’on avait perdu.

José B. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Il me semble que « à chaque fois » est moins correct que « chaque fois » mais on l’entend de plus en plus. Comment en différencier l’emploi ?

On m’a toujours dit de ne pas prononcer le s final du mot ananas. Qu’en est-il ?

Je vous remercie par avance de l’aide que vous pourrez m’apporter !

Mes oreilles sont bien souvent écorchées hélas par les nombreuses fautes entendues à la radio ou à la télévision, alors j’essaie de résister mais le doute me gagne parfois !

José B. (France)

L’Académie répond :

À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).

En revanche, la construction elliptique (à) chaque fois que possible est inusitée. Elle mêle les constructions régulières autant que, aussitôt que, dès que possible et (à) chaque fois que, toutes les fois que cela sera possible.

Linzet P (England)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

I teach French in England and my students would like to know why in French you say « une chaise, une table, une bière, une barbe, un pied, un balai, un ordre » ! Why these feminine and masculine genres ? Where do they come from ? (« J’enseigne le français en Angleterre et mes étudiants aimeraient savoir pourquoi en français vous dites “une chaise, une table, une bière, une barbe, un pied, un balai, un ordre” ! Pourquoi ces genres féminins et masculins ? D’où viennent-ils ? »)

Linzet P (England)

L’Académie répond :

The gender of the nouns depends on their etymology. For instance table is in French a feminine noun, because it is issued from the feminine latin noun tabula ; but table is Tisch in german which is a masculine noun, because it is issued from the masculine latin noun discus. («  Le genre des noms dépend de l’étymologie. Par exemple, table, en français, est un nom féminin parce que ce mot vient du nom latin féminin tabula. Mais table se dit Tisch en allemand, un nom masculin, parce que ce mot vient du nom latin masculin discus. »)

Murielle V. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Bonjour, je suis secrétaire à la direction juridique et je me pose toujours la question de la majuscule ou minuscule à D de Direction et à J de Juridique, quand et dans quel contexte ?

Murielle V. (France)

L’Académie répond :

Dans l’édition comme dans la presse, on écrit « direction juridique » sans aucune majuscule (comme on écrit la direction commerciale, la direction générale, la direction du personnel, etc.). Dans un document ou texte professionnel, il convient donc de respecter cette « règle » : hélas la sobriété de l’orthotypographie française est menacée par d’autres manières d’écrire, principalement anglo-saxonnes, où l’emploi de la majuscule est très fréquent, et parfois quelque peu anarchique.

Bien sûr une majuscule initiale au mot ne confère pas une plus haute importance à la chose ; certains semblent pourtant persuadés du contraire, et, dans tous les domaines, on observe un recours abusif, irraisonné à ces lettres majuscules…

Pour compléter notre réponse, précisons que, si l’adjectif juridique doit s’écrire en minuscules, le nom direction peut dans certains cas présenter un D majuscule (on ne le fera pas alors précéder de l’article) : dans une adresse, un en-tête, un organigramme, etc., voire dans un texte à caractère professionnel s’il s’agit de mettre particulièrement en relief ce service.

Nicolas D. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Félicitations pour cette belle rubrique qui m’est souvent utile, en tant que « jeune ». J’ai offert les deux livres édités à ma petite sœur devenue récemment professeur de lettres. Mon grand-père était très attaché à notre très belle et si riche langue française et à toutes initiatives pour sa défense. Je ne peux que vous remercier pour vos travaux.

Nicolas D. (France)

L’Académie répond :

Au nom de toute l’équipe de Dire, ne pas dire, merci de vos compliments. Nous essaierons de continuer à en être dignes.

Stéphane M. (France)

Le 03 mars 2016

Courrier des internautes

Pouvez-vous me donner le genre du mot « team » ?

Stéphane M. (France)

L’Académie répond :

Voici, très sommairement, les usages qui président à l’attribution d’un genre aux anglicismes :

– pour les animés sexués, on dérivera de leur sexe le genre grammatical ; exemple : la nurse, le clown ;

– pour les autres mots présentant soit une finale proche des finales caractéristiques d’un genre grammatical français, soit une ressemblance ou affinité sémantique avec des mots français de tel ou tel genre, l’attribution à l’anglicisme du genre grammatical se fera par analogie (de structure ou de sens) ; exemple : les mots en -er, comme sprinter, manager sont le plus souvent des masculins ;

– pour les mots échappant aux catégories ci-dessus, le masculin, genre « non marqué », à valeur générique et, à certains égards, tenant lieu de « neutre », l’emportera ; exemple : les mots en -ing, comme jogging, lobbying, ou d’autres comme week-end, baby-foot ou dead-heat.

Les dictionnaires qui accueillent team le présentent comme un nom masculin. Mais depuis les Jeux olympiques de 1992, on donne aussi parfois à ce nom le genre de la traduction française, surtout quand il est précédé de dream (par référence à l’équipe de basket-ball des États-Unis).

François L. (La Roche-sur-Yon)

Le 08 février 2016

Courrier des internautes

Récemment, si l’on en croit les speakers et speakerines des journaux télévisés, des jeunes gens auraient été « rafalés » à l’aide d’une arme automatique. Le verbe « rafaler » existe-t-il ?

François L. (La Roche-sur-Yon)

L’Académie répond :

Je n’ai jamais lu ou entendu ce verbe avec ce sens. Raf(f)aller existe comme verbe transitif, mais c’est un verbe vieilli qui appartenait à une langue populaire ; il signifie « ruiner » ou « appauvrir ». On lit dans L’Assommoir de Zola : Il gardait aux autres une fière rancune de s’être laissé rafaler en deux ans.

Il existe aussi comme verbe intransitif. C’est un régionalisme du Québec, qui signifie « souffler en rafales ».

On évitera d’ajouter à ces deux sens celui d’« atteindre par une rafale d’arme automatique ».

Anne-Laure C. (France)

Le 05 février 2016

Courrier des internautes

Suite à un désaccord avec une connaissance, pourriez-vous me dire si l’omission du « ne », en langage courant ou familier, constitue une faute, au même titre que dans un langage plus soutenu ? J’ai cherché la définition du langage courant ou familier sur votre site internet mais je ne l’ai pas trouvée, et comme il s'agit là de la source suprême et indiscutable, j’apprécierais beaucoup que vous répondiez à mon interrogation.

Anne-Laure C. (France)

L’Académie répond :

Le ne de négation est obligatoire. On doit dire et écrire Il ne vient pas et non Il vient pas.

Le ne explétif, lui, ne l’est pas. On dira Je crains qu’il vienne ou, mieux, qu’il ne vienne.

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