Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Simon R. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

À la suite d’un débat houleux nous n’arrivons pas à déterminer si le verbe procrastiner existe. Pouvez-vous nous aider ?

Simon R. (France)

L’Académie répond :

Il y a longtemps que procrastiner et, plus courant, procrastination sont bien attestés en français. Procrastinateur est très rare. Procrastination, attesté en 1520, reste rare jusqu’au xixe siècle, mais figure dans la huitième édition (1935) et dans la neuvième (en cours de finition) du Dictionnaire de l’Académie française, consultables sur notre site. Cette série vient directement du latin, non de l’anglais.

Slim B. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

J’ai un grand débat avec des amis, et impossible de trouver une réponse claire sur internet : dit-on « poindre le bout de son nez » ou « pointer le bout de son nez » ?

Slim B. (France)

L’Académie répond :

La locution familière est pointer le bout de son nez. Il est vrai que dans certains emplois pointer a un sens très proche du verbe poindre (« apparaître, devenir visible ») et on remarque que pointer a tendance à remplacer poindre qui est devenu défectif. Je vous invite à lire la définition de ces deux verbes dans notre Dictionnaire (qui est en libre accès sur notre site).

TH. (France)

Le 03 novembre 2016

Courrier des internautes

Lors d’une discussion avec un collègue anglophone, il m’a demandé pourquoi il n’y avait pas de mot pour dire « pas cher » en français.

Je n’ai trouvé que « bon marché » pour exprimer cette idée, mais il y a-t-il un mot pour exprimer l’idée de « pas cher » ?

TH. (France)

L’Académie répond :

Il n’existe pas un mot pour le dire : « bon marché » est en effet la locution courante pour l’exprimer. Dans la langue française mais aussi dans bien d’autres langues, la coïncidence exacte entre une chose et un mot, un concept et un mot n’est pas vraie. On use d’expressions, de locutions, de périphrases.

On peut dire aussi : peu onéreux, à bas prix, à portée de bourse, abordable, accessible, etc.

Emmanuel S. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je travaille à l’Ecole expérimentale de Bonneuil et je participe à un atelier d’écriture. Dans le texte que nous avons lu, l’expression « Bête à Bon Dieu » désigne la coccinelle. D’où cela vient-il, quelle est l’histoire de cette expression pour une si petite bête ? Merci beaucoup de l’attention que vous nous accordez. Dans l’attente de votre réponse.

Emmanuel S. (France)

L’Académie répond :

Voici une hypothèse proposée par Direct Matin en juin 2016 :

Ce surnom de « bête à bon Dieu » est tiré d’une légende remontant au Xe siècle.

Condamné à mort pour un meurtre commis à Paris, un homme qui clamait son innocence a dû son salut à la présence du petit insecte. En effet, le jour de son exécution publique, le condamné devait avoir la tête tranchée. Mais une coccinelle se posa sur son cou. Le bourreau tenta de l’enlever, mais le coléoptère revint à plusieurs reprises se placer au même endroit. Le roi Robert II y vit une intervention divine et décida de gracier l’homme.

Quelques jours plus tard, le vrai meurtrier fut retrouvé. Cette histoire s’est vite répandue et la coccinelle fut dès lors considérée comme un porte-bonheur qu’il ne fallait pas écraser.

Frédérique M. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je souhaiterais savoir si les expressions entendues à la radio sont correctes : « notre pays préfère s’hystériser » et « je trouve ça interrogeant ».

Frédérique M. (France)

L’Académie répond :

Le verbe hystériser, très rare, se rencontre chez les Goncourt et on trouve s’hystériser chez Huysmans, mais il serait préférable d’employer devenir hystérique.

Je trouve ça interrogeant, de très mauvaise langue, sera traité dans une prochaine rubrique de Dire, ne pas dire.

Dire, ne pas dire paraît le premier jeudi de chaque mois sur notre site et les articles ainsi publiés ont fait la matière de trois recueils, également intitulés Dire, ne pas dire et édités chez Philippe Rey.

Julien P. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Je suis élève à l’École expérimentale de Bonneuil et je participe à l’atelier d’écriture. Nous avons découvert l’expression « boîte de pandore ».

Qu’y -a-t-il dans la boite de pandore ? D’où vient ce nom ? merci de votre réponse.

Julien P. (France)

L’Académie répond :

Pandore est une femme créée à l’aide d’argile par Héphaïstos, et ce, à la demande de Zeus qui voulait punir les hommes. Athéna lui insuffla la vie, et les autres dieux la dotèrent de tous les charmes (d’où son nom grec Pandôra, « qui a tous les dons ») – d’autres expliquent son nom en disant qu’il signifie « qui donne toute sorte de présents ».

Hermès lui apprit la flatterie et la fourberie. Le Titan Épiméthée l’accueillit. Pandore apportait avec elle une jarre pleine de maux et de maladies. Elle l’ouvrit et les hommes souffrirent alors des malheurs inconnus jusque-là. Seul Espoir resta à l’intérieur, en guise de consolation pour les hommes. La boîte de Pandore (avec une majuscule à Pandore) désigne aujourd’hui une source de malheurs, de problèmes.

Mary-Laure B. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Doit-on dire : « entériner que le fait que nous faisons partie » ou « que nous fassions partie » ?

Mary-Laure B. (France)

L’Académie répond :

J’imagine que votre phrase ne contient qu’une fois le mot que : « entériner le fait que nous faisons/fassions partie… ».

Dans ce genre de formulations, le subjonctif ou l’indicatif sont l’un et l’autre corrects et leur emploi dépend de la façon dont le locuteur envisage l’action exprimée par le verbe : le subjonctif introduit plutôt une notion de doute ou d’incertitude quant au fait évoqué, l’indicatif en revanche considère le fait comme certain.

Pierre-Alban Ch. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Comment s’adresser à un académicien ?

Pierre-Alban Ch. (France)

L’Académie répond :

Pour s’adresser à un académicien, il convient d’user du titre qui lui revient dans la vie civile. Par exemple, on s’adressera à un ministre, ou ancien ministre, par la formule « Monsieur le Ministre », à un professeur par « Monsieur le Professeur », à un ecclésiastique par son titre (« Mon Père », « Mon Révérend Père », « Monsieur le Cardinal », etc.). Pour s’adresser au Secrétaire perpétuel de l’Académie, on utilisera la formule « Monsieur ou Madame le Secrétaire perpétuel ». Si aucun titre particulier n’est attaché à la personne de l’académicien, on dira simplement « Monsieur » ou « Madame ». La formule d’adresse « Maître » peut être employée mais elle reste peu fréquente. En revanche, on ne dira jamais « Monsieur l’académicien ».

Sur l’enveloppe d’une lettre, on écrira également le titre de l’académicien ou « Monsieur X, de l’Académie… ».

Simon R. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

Après une discussion avec ma grand-mère, cette dernière m’a dit que l’on ne disait jamais « à l’avance » mais « en avance ». Cependant, j’entends cette première tournure très souvent. Est-ce correct ?

Simon R. (France)

L’Académie répond :

Vous avez une grand-mère bien sévère en ce qui concerne la langue. À l’avance se trouve plus de 30 fois dans le Dictionnaire de l’Académie française. Au sens de « par anticipation » à l’avance, autrefois critiqué, est aujourd’hui employé comme synonyme de par avance et d’avance.

La locution en avance s’emploie dans un sens légèrement différent, pour parler d’une action qui a eu lieu avant le moment fixé ou prévu. Je sais à l’avance / par avance ce qu’il va dire. Il est arrivé en avance à son rendez-vous.

Thomas H. (France)

Le 06 octobre 2016

Courrier des internautes

J’aimerais beaucoup apprendre si l’on écrit : « Arrête ton char » ou bien « Arrête ton charre ».

Voir lever cette ambigüité sur votre site serait un réel soulagement !

Thomas H. (France)

L’Académie répond :

On disait autrefois Arrête ton charre, charre étant un déverbal de charrier, au sens de « plaisanter, railler ».

Mais ce nom argotique a été remplacé dans l’usage par Arrête ton char, surtout depuis 1959 et la sortie du film de William Wyler, Ben-Hur, dont une des scènes principales est une célèbre course de chars.

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