Dire, ne pas dire

Extensions de sens abusives

Tacler

Le 3 mai 2012

Extensions de sens abusives

Ce verbe, propre au football, et emprunté comme bien d’autres au vocabulaire sportif anglais, apparaît souvent dans des emplois figurés où il n’a que faire. On tacle l’adversaire sur le terrain de sports, on le dépossède du ballon que l’on repousse du pied par une glissade. Dans un débat politique, une controverse, une polémique, on s’oppose à lui, on l’attaque, on le contre.

Le mental

Le 5 avril 2012

Extensions de sens abusives

Les commentateurs sportifs nous entretiennent du Mental d’un sportif ou du Mental d’une équipe. C’est son mental qui est défaillant, Il doit travailler son mental.

Mental ne doit être employé que comme adjectif, et cet emploi substantivé est fautif. On parlera de la Disposition d’esprit, de l’État d’esprit, voire, dans certaines conditions, du Moral d’un joueur ou d’une équipe.

Se réaliser

Le 5 avril 2012

Extensions de sens abusives

Se réaliser dans son travail, dans sa vie de famille, dans son couple, Parvenir à se réaliser soi-même.

La quête de l’épanouissement personnel incite nos contemporains à abuser de ce verbe. On lui préférera S’accomplir, S’épanouir, Se développer.

Abonder

Le 1 mars 2012

Extensions de sens abusives

L’emploi transitif de ce verbe doit être strictement limité au domaine de la comptabilité. On abonde un compte, un budget, un fonds, on l’approvisionne en argent, on le crédite.

On évitera tout emploi figuré comme Abonder un dossier, un projet, abonder le débat, pour dire le nourrir, l’enrichir ou, par une image usuelle, l’alimenter.

C’est clair

Le 1 mars 2012

Extensions de sens abusives

Cette formule, sans être fautive, est aujourd’hui fréquemment employée pour marquer l’approbation ou, simplement, l’assentiment, l’acquiescement.

On l’entend en réponse à une remarque, à une suggestion :

  • « J’ai l’impression qu’il ne viendra pas, qu’il est malade. » « – C’est clair ! »
  • « On dirait qu’il va pleuvoir. » « – C’est clair ! »
  • « Croyez-vous qu’il faut intervenir ? » « – C’est clair ! »

Le bon usage dans de tels cas consiste à employer Oui, Bien sûr, En effet, etc.

Déni, dénégation

Le 2 février 2012

Extensions de sens abusives

Ces deux termes, que l’on peut rapprocher du verbe Dénier, ne doivent pas être employés l’un pour l’autre.

Déni est un terme de la langue juridique, surtout connu par la locution Déni de justice. Il y a déni de justice quand est refusé ce qui est dû, ce qui est juste. On ne parlera donc pas de Déni de réalité ou de Déni de vérité, alors qu’on veut dire « Négation de la réalité » ou « Négation de la vérité ».

Dénégation désigne le refus d’accepter, d’admettre, de reconnaître, d’avouer ce qui est. On fait un signe de dénégation, on soupçonne quelqu’un malgré ses dénégations.

L’expression Être dans le déni, employé pour dire tout simplement « Nier avec constance » est fautive. La dénégation n’étant ni un état d’esprit, ni un sentiment, on évitera de même Être dans la dénégation.

Halluciner

Le 2 février 2012

Extensions de sens abusives

L’habitude fautive s’est répandue de dire J’hallucine pour signifier tout simplement que l’on est très étonné ou, pour employer des expressions consacrées, que « l’on n’en croit pas ses yeux ou ses oreilles », que « l’on croit rêver ».

Le verbe halluciner, d’un emploi peu courant, a nécessairement pour sujet un terme désignant une substance aux effets hallucinogènes. La mescaline hallucine ceux qui en font usage (on dira plus couramment qu’elle provoque des hallucinations ou est hallucinogène).

Errements

Le 5 janvier 2012

Extensions de sens abusives

Ce mot s’emploie toujours au pluriel. Désignant d’abord le fait d’aller à l’aventure, il s’utilise aujourd’hui, péjorativement, à propos de manières d’agir, de procéder. Il ne doit pas être pris, par euphémisme ou par prétention, dans le sens d’Erreur dont, malgré une origine commune, il est tout à fait distinct.

Travail de deuil

Le 5 janvier 2012

Extensions de sens abusives

Cette expression forgée par Freud doit rester à l’usage des spécialistes. On l’entend trop souvent employée, par un effet de mode, dans des situations où elle n’a pas de nécessité ni de justification.

Le vécu, le ressenti

Le 1 décembre 2011

Extensions de sens abusives

Au rang des tics de langage figure l’emploi substantivé des participes passés, par lequel on pense créer des notions nouvelles. Il en va ainsi lorsqu’on parle de son vécu et de son ressenti.

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