Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

Cédric D.

Le 08 novembre 2012

Courrier des internautes

Je souhaiterais savoir quel est la prononciation du verbe voir au subjonctif présent et si il est possible de prononcer "voye".

Cédric D.

L’Académie répond

La prononciation de voient est la même à l’indicatif et au subjonctif. On n’y fait pas entendre le son y. Littré signale que dans Le Dépit amoureux, Molière fait du subjonctif voient un mot de deux syllabes. Il ajoute « Ceci est une ancienne prononciation qu’on entend encore fort souvent. Aujourd’hui voient est d’une seule syllabe ».

C’est l’analogie avec les formes voyions et voyiez qui a contribué au maintien de cette prononciation fautive. Mais aujourd’hui, tous les grammairiens sont d’accord avec Littré et veulent la prononciation voi. Il en va de même pour voie.

Jacquine J.

Le 08 novembre 2012

Courrier des internautes

Dit-on rêver de quelqu’un ou quelque chose ou dit-on rêver à quelqu’un ou quelque chose ?

Jacquine J.

L’Académie répond

On construit le verbe rêver avec la préposition de quand on l’emploie au sens propre de « faire un rêve, des rêves » : cette nuit, j’ai rêvé de vous.

En revanche, au sens classique de « penser profondément à quelque chose, méditer », on dit rêver à : « elle rêve à ce prodigieux destin ».

Dans d’autres emplois, par exemple au sens de « penser longuement à quelque ambition ou idéal, aspirer à », les deux constructions cohabitent : « rêver de gloire, rêver à de grands desseins ».

Manon

Le 08 novembre 2012

Courrier des internautes

Nous aimerions savoir si « j’en ai fait exprès » est français !

Manon, 9 ans et demi

L’Académie répond

On doit éviter de dire J'en ai fait exprès et dire je l'ai fait exprès, (= J’ai fait cela, cette action exprès) mais sache que de nombreuses personnes, maîtrisant très bien le français, font cette erreur, somme toute vénielle.

Christine B.

Le 16 août 2012

Courrier des internautes

Ma fonction est de tester des traductions et je me retrouve confrontée à un problème pour lequel je n’arrive pas à trouver de solution : peut-on dire « Chère auteur » lorsque l’auteur est une femme ? En général, est-il acceptable de mettre les adjectifs au féminin pour des noms n’acceptant pas de féminin ?

Christine B.

L’Académie répond

On écrira Cher auteur, même s’il s’agit d’une femme auteur. On ne peut mettre au féminin les adjectifs qualifiant des noms masculins.

Laurence S., Genève

Le 15 août 2012

Courrier des internautes

Bonjour, je travaille au secrétariat de l'université de SES de Genève et je ne sais pas si je dois répondre "admis au bac en science politique" (au singulier) ou "admis au bac en sciences politiques" (au pluriel) ?

Laurence S., Genève

L’Académie répond

On dit la science politique pour la politologie et les sciences politiques pour toutes les sciences qui étudient les faits politiques (histoire, sociologie, économie…). On trouve donc le singulier comme le pluriel. Tout dépend du nom officiel de ce baccalauréat en Suisse (évitez l’abréviation familière bac). En regardant le site de l’université de Genève, je vois que l’on passe arbitrairement du singulier au pluriel d’une page à l’autre : il serait judicieux d’unifier toutes ces versions.

Mounia B.

Le 15 août 2012

Courrier des internautes

Nous sommes plusieurs à nous interroger sur la manière dont il faut tourner cette phrase (ou plutôt doit-on utiliser une tournure négative ou non) :

Ça fait longtemps qu'on s’est vu ou ça fait longtemps qu’on ne s'est pas vu.

Mounia B.

 

L’Académie répond

Après il y a (tel temps) que, voici (tel temps) que, cela fait (tel temps) que, on emploie, dans la subordonnée, la forme négative avec la négation complète (ne… pas) ou simplement ne : Cela fait longtemps qu’on ne s’est vu ou qu’on ne s’est pas vu. La négation est toujours complète lorsque le verbe de la subordonnée est au présent ou à l’imparfait : Il y avait un an que je ne lui parlais point. (Évidemment, s’il n’y a pas de négation, on écrira : Il y a longtemps que je vous aime.)

La forme négative est nécessaire dans la mesure où ces expressions expriment une durée qui débute à un moment précis, celui de la dernière rencontre par exemple : la durée évoque donc un temps où l’action mentionnée ne s’est pas produite. Pour conserver la forme affirmative, il faudra formuler la phrase autrement : Nous nous sommes vus pour la dernière fois il y a bien longtemps.

Brunot L., Dax

Le 05 janvier 2012

Courrier des internautes

Je découvre ce site, désormais dans mes favoris.

« To save » signifie le plus souvent « garder, conserver » et, en langue soutenue seulement, « sauver », au sens latin du terme (d’un danger...), sens français aussi, je crois. Donc « sauver la date » est une traduction aussi ridiculement que grossièrement fautive, que M. de Broglie est bien délicat de qualifier seulement d’hyperbolique – retraduit en anglais, cela donnerait « rescue the day ».

Brunot L., Dax

F. D., Olivet

Le 05 janvier 2012

Courrier des internautes

Quelle bonne idée ! Terrifié par le désastre linguistique que les médias et certaines « élites » s’emploient à entretenir, je me demandais qui allait prendre le problème en main. Voilà qui est fait.

F. D., Olivet

François D.

Le 05 janvier 2012

Courrier des internautes

[…] Les académiciens étaient d’excellents élèves de terminale en 1950, et ont été formés dans les meilleurs lycées par des professeurs agrégés nés en 1900, dont ils reproduisent avec dévotion les enseignements. Il y a un moment où il faut se rendre à l’évidence : la rigidité absurde de l’Académie sur des points indéfendables ne la rend plus audible sur les points qui méritent d’être défendus (et qui sont, évidemment, beaucoup plus nombreux). Le repli de l’Académie sur les spécialistes français, et non francophones, est à l’opposé du mode de travail de l’Académie espagnole avec les académies latino-américaines : les meilleurs spécialistes de l’usage du français sont maintenant belges !

La censure qui règne sur les courriels du site « Dire, ne pas dire » empêche de poser ces questions et de provoquer quelques sursauts salutaires ! Ne publier que des points de vue qui soutiennent l’immobilisme en matière de norme de la langue est une position réactionnaire. On devrait pouvoir, aussi, avancer l’opinion que l’hypercorrection élitiste tue le bon usage de l’honnête homme.

François D.

L’Académie répond

La neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, en accueillant des termes venus du Canada, de la Belgique, de Suisse, d’Afrique, montre une ouverture systématique au vocabulaire de la francophonie.

Que dire de la présence au sein de l’Académie française, naguère d’Henri Troyat, Julien Green, Marguerite Yourcenar, Léopold Sédar Senghor et, aujourd’hui, de Félicien Marceau, d’Hector Bianciotti, de François Cheng, d’Assia Djebar, d’Amin Maalouf, entre autres ?

G.

Le 05 janvier 2012

Courrier des internautes

Je voudrais vous signaler une pratique exaspérante qui se répand de plus en plus : bannir les mots courts au profit d’autres plus longs et vaguement synonymes : ainsi, on parlera de mandature et non plus de mandat, de technologie et non plus de technique, de méthodologie et non plus de méthode, etc.

G.

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