Dire, ne pas dire

Néologismes & anglicismes

Confident pour Confiant

Le 4 avril 2019

Néologismes & anglicismes

Le nom confident et confidente sont empruntés de l’italien confidente, « confiant », qui vient lui-même du latin confidens, participe présent de confidere, « se fier à, mettre sa confiance dans ». Il désigne une personne à qui l’on confie ses plus secrètes pensées : Elle a toujours été la confidente de sa fille, sa plus chère confidente. Au théâtre, ce nom désigne un personnage secondaire d’une tragédie ou d’une comédie, qui a essentiellement pour rôle de permettre au spectateur de connaître la situation des principaux personnages et au héros de révéler ses sentiments intimes : Œnone est la confidente de Phèdre. Par extension de sens, au masculin, confident désigne aussi un siège capitonné de la seconde moitié du xixe siècle, offrant deux places côte à côte mais disposées en sens contraire, destiné à favoriser une conversation intime.

Confident est donc un nom et, s’il fut aussi un adjectif en langue classique, il ne l’est plus aujourd’hui. Il convient donc de ne pas lui donner le sens de « confiant, assuré », qu’il a en anglais mais non pas dans notre langue.

Convénient

Le 4 avril 2019

Néologismes & anglicismes

Inconvénient est un nom français, inconvenient est un adjectif anglais signifiant « malcommode, gênant, inopportun ». Certes, il a aussi existé jadis en français un adjectif inconvénient, qui signifiait « inconvenant », mais, à son sujet, Littré disait déjà, dans son Dictionnaire, qu’il était vieilli. Et, même si la langue anglaise a également un adjectif, convenient, qui signifie « commode, pratique, opportun… », il convient d’éviter la forme convénient, que l’on commence à rencontrer ici ou là, puisque notre langue dispose de suffisamment de termes pour rendre compte des différents sens de cet anglicisme.

Entre deux choix

Le 11 mars 2019

Néologismes & anglicismes

La langue anglaise emploie volontiers choice, « choix », quand notre langue veut le nom possibilité ou un nom de même sens. Il convient de respecter les particularités propres à ces deux langues et de ne pas faire passer maladroitement dans l’une ce qui doit être réservé à l’autre. On se gardera donc bien de dire entre deux choix, quand c’est entre deux possibilités qu’il faudrait employer (rappelons d’ailleurs que deux choix supposeraient quatre possibilités), ou d’utiliser des formes comme plusieurs choix, de nombreux choix, etc.

On dit

On ne dit pas

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Smiley

Le 11 mars 2019

Néologismes & anglicismes

Tous les anglicismes ne semblent pas logés à la même enseigne. Certains nous agressent beaucoup, d’autres à peine. Et quelques-uns, pas du tout : ce sont ceux qui contribuent à la vie de la langue quand le français n’a pas d’équivalent tout prêt ni les moyens d’en fabriquer un qui soit commode, quand ils répondent à un besoin et quand leur sens est tout à fait clair. C’est ainsi que Nodier, cité par Littré, remarquait que « Confortable est un anglicisme très-intelligible et très-nécessaire à notre langue, où il n’a pas d’équivalent. » Mais il en est d’autres encore qui ne répondent à aucun de ces critères et que nous paraissons pourtant accepter sans problème. C’est le cas de smiley, probablement en raison de la signification de ce nom, dérivé de to smile, « sourire ». On ne se fâche pas contre un sourire, même si smiley s’est étendu à toutes les émoticônes et cherche à traduire toutes les émotions, tous les états d’âme. Certes non, mais il est loisible de rappeler qu’à cet anglicisme on peut préférer, comme l’ont fait nos amis québécois, binette, ou, mieux encore, frimousse.

Data science

Le 8 février 2019

Néologismes & anglicismes

Nous essayons dans cette rubrique de proposer des équivalents français corrects aux anglicismes qui s’introduisent dans notre langue. Ils sont nombreux et regrettables, mais le mal n’est pas trop grand quand il s’agit de problèmes de lexique. Les choses se compliquent et s’aggravent quand ce sont les structures mêmes de notre langue qui sont touchées. C’est le cas avec la locution data science, « science, étude des données », que l’on voit ici ou là. On signalera que l’anglicisme data est un emprunt d’un participe passé latin signifiant « données », et que ce nom français le remplacerait avantageusement. Mais il faut surtout rappeler que cette antéposition et cette juxtaposition du complément de nom, si elles sont correctes en latin ou en anglais, ne le sont pas dans notre langue, qui veut que le complément suive le nom dont il dépend et qu’il soit relié à ce dernier par une préposition.

Drink

Le 8 février 2019

Néologismes & anglicismes

S’il est parfois désespérant de voir le nombre des anglicismes qui, peu à peu, envahissent notre langue et les devantures des boutiques de nos quartiers, il est sans doute possible de se rassurer en se disant que ces formes n’ont peut-être qu’une courte espérance de vie. Il est quelques exemples qui le montrent, comme le nom drink. Ce dernier, apparu à la fin du xixe siècle, d’abord dans un contexte anglais, s’est répandu entre les deux guerres, le plus souvent porté par une forme d’anglomanie un peu snob ou, pour reprendre le mot de François, le facteur incarné par Jacques Tati dans Jour de fête, « pour faire américain ». Mais il est aujourd’hui désuet ou, pour user d’un terme plus familier, ringard. Que cette constatation ne nous amène pas à cesser de lutter contre ces anglicismes, en attendant que le temps, peu à peu, les efface, mais que, au contraire, elle nous pousse à les combattre plus hardiment, en sachant qu’en matière de langue, comme ailleurs, le pire n’est jamais sûr.

On dit

On ne dit plus

Prendre un verre

La boisson à la mode

Prendre un drink

Le drink à la mode

Low cost

Le 10 janvier 2019

Néologismes & anglicismes

Certains anglicismes se sont tellement répandus dans la langue française qu’on ne les remarque pratiquement plus et qu’on oublie que l’on pourrait les remplacer par des formes françaises équivalentes. C’est le cas avec la locution adjectivale et adverbiale low cost, qui est implantée dans la langue française depuis une dizaine d’années. Est-ce un juste retour des choses puisque les formes to cost et cost ont été empruntées de l’ancien français coster ou couster pour le verbe et cost ou coust pour le nom ? Peut-être, mais que cela ne nous dispense pas de nous souvenir que le français dispose de noms comme coût ou prix et d’adjectifs comme bas, petit, réduit, etc., grâce auxquels on peut rendre ce que dit low cost.

On dit

On ne dit pas

Des produits à faible coût, à coûts réduits, peu chers

Compagnie à bas prix

Des produits low cost


Compagnie low cost

Prendre le lead

Le 10 janvier 2019

Néologismes & anglicismes

Le nom leader s’est introduit dans la langue française au xixe siècle. L’Académie française l’a admis dans la 8e édition de son Dictionnaire et même si des noms comme meneur, chef, chef de file, dirigeant, etc. peuvent lui être substitués avec profit, il est aujourd’hui bien ancré dans l’usage. Il n’en va pas de même pour la forme lead, que l’on commence à entendre dans l’étrange forme, mêlant français et anglais, prendre le lead, que l’on remplacera par des tours comme « prendre la tête », « prendre la direction », voire « conduire », « mener », etc.

Helper

Le 13 décembre 2018

Néologismes & anglicismes

Le mot bénévole existe en français depuis le xiiie siècle comme adjectif, avec le sens de « bienveillant », et depuis 1866 comme nom pour désigner un volontaire qui fait quelque chose sans y être tenu et parce qu’il le veut bien. Dans certains cas d’ailleurs, volontaire est un synonyme de ce mot, comme dans pompier volontaire. Ces deux mots peuvent rendre compte des situations où une personne accepte sans contrepartie financière d’apporter son aide à un groupe, une association, etc. Aussi n’est-il sans doute pas nécessaire de remplacer l’un ou l’autre de ces termes par l’anglais helper.

On dit

On ne dit pas

De nombreux bénévoles ont participé à cette campagne

Les stands de ravitaillement sont tenus par des bénévoles

De nombreux helpers ont participé à cette campagne

Les stands de ravitaillement sont tenus par des helpers

Forwarder

Le 8 novembre 2018

Néologismes & anglicismes

Le verbe anglais to forward a de nombreux sens, et entre autres celui de « transférer ». Il est construit à l’aide de racines qui ont servi à former le latin fores, « porte », mais aussi « situé à l’extérieur », et vertere, « tourner, retourner ». On pourrait donc trouver à cette forme une lointaine parenté avec des mots français ; mais cela ne justifie pas que l’on use et abuse, dans notre langue, de l’étrange forwarder, un anglicisme bien inutile, puisqu’on l’emploie en lieu et place de transférer, et que ce dernier est attesté depuis plus de six siècles dans la langue française.

On dit

On ne dit pas

Transférer des documents

Forwarder des documents

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