Dire, ne pas dire

Bonheurs & surprises

À six heures de l’après-midi, du soir

Le 05 avril 2012

Bonheurs & surprises

Midi et demi, Trois heures de l’après-midi, Dix heures du soir : telle est la manière traditionnelle, simple et précise d’annoncer l’heure lorsque midi est passé.

Réservons aux circonstances où elles sont rendues nécessaires par des nécessités pratiques les administratives formules chiffrées 12 heures 30, 15 heures, 22 heures. Midi dit plus que 12 heures.

Ribouis

Le 05 avril 2012

Bonheurs & surprises

Les mots familiers ne manquent pas pour désigner les chaussures ou, comme l’on ne dit plus guère, les souliers.

Parmi ceux-là, Ribouis, terme populaire peu connu, possède une consonance savoureuse et une étymologie amusante.

Il serait issu, par l’intermédiaire de mots aujourd’hui disparus, de Buis. Le bois de buis ayant été utilisé pour façonner un outil de cordonnier, Ribouis en est venu à désigner celui qui fabrique les chaussures, puis la chaussure elle-même, de préférence le vieux soulier, le soulier rapiécé.

Bonheur-du-jour

Le 01 mars 2012

Bonheurs & surprises

Certains mots ont un charme évocateur. Ainsi ce nom de Bonheur-du-jour, désignant un bureau de dame du XVIIIe siècle, servant à la fois d’écritoire et de meuble de rangement pour papiers et objets précieux, posé sur quatre pieds fins reliés par une entretoise, évoque les habitudes et les plaisirs de temps révolus.

Autre bonheur, les deux explications données à la formation du mot lui-même : ou bien l’enthousiasme et le plaisir que souleva en son temps ce nouveau meuble, ou bien la place qu’on lui réservait, non loin d’une fenêtre, pour qu’il soit éclairé par la lumière du jour.

Récital

Le 01 mars 2012

Bonheurs & surprises

Bien des mots anglais ont une origine française. Il en va ainsi de Récital que l’anglais a fait dériver d’un verbe to recite, lui-même emprunté du français réciter. Le recital anglais a d’abord désigné un récit avant de prendre le sens que le français a retenu au XIXe siècle. Le récital d’un chanteur. Un récital d’orgue.

Dîner par cœur

Le 02 février 2012

Bonheurs & surprises

La langue familière a créé anciennement cette locution pour dire Se passer de manger, N’avoir pas de quoi manger. Faisant peut-être de l’imagination et de la mémoire les recours d’un estomac vide, elle constitue une variante de Dîner avec les chevaux de bois.

Le remède réside sans doute dans le sommeil puisque, comme l’indique la sagesse populaire, Qui dort dîne.

La pourpre, le pourpre

Le 02 février 2012

Bonheurs & surprises

Féminin ou masculin ? Pour ce mot comme pour bien d’autres, le genre permet de distinguer deux sens.

La pourpre est ce colorant d’un rouge foncé dont on teignait des étoffes réservées aux plus hauts personnages et qui est devenu symbole de dignité souveraine. Un manteau de pourpre. La pourpre impériale, cardinalice, romaine.

Le masculin Le pourpre s’emploie pour désigner la couleur rouge obtenue par l’usage de la pourpre ou d’autres pigments, ainsi que dans des sens techniques et spécialisés. Le pourpre et l’azur.

Paraguante

Le 05 janvier 2012

Bonheurs & surprises

Le petit présent fait en reconnaissance de quelque service, que nous appelons aujourd’hui couramment pourboire, était, à l’époque classique, parfois désigné par le mot de paraguante. On le prononce paragouante, puisqu’il viendrait d’une expression espagnole, « dar para guantes », proprement « donner pour acheter des gants », puis « donner un pourboire ».

S’acagnarder / cagnard

Le 05 janvier 2012

Bonheurs & surprises

Le verbe, formé sur l’adjectif ancien Cagnard, signifiant « qui n’aime pas bouger, paresseux », est devenu rare dans son emploi transitif mais reste vivant à la forme pronominale. S’acagnarder, c’est rester oisif, paresser. On s’acagnarde volontiers auprès du feu, dans un confortable fauteuil.

Conter fleurette

Le 01 décembre 2011

Bonheurs & surprises

Fleurette, diminutif de Fleur, a donné naissance au XVIIe siècle à l’expression Conter fleurette. On conte fleurette à une femme, on lui tient des propos aimables, galants, badins.

Cette expression, restée vivante, conserve son charme, qui explique peut-être qu’on ait parfois voulu, par attirance pour la métaphore, écrire « Fleureter », le verbe Flirter, formé au XIXe siècle en français à partir de l’anglais Flirt.

Rassoter

Le 01 décembre 2011

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Ce verbe, un peu vieilli, formé sur l’ancien assoter, « rendre sot », exprime, avec une nuance plaisante, la même idée que « infatuer ». Rassoter quelqu’un, c’est le prévenir en faveur d’une personne avec tant d’insistance et d’excès qu’on finit par lui faire perdre tout jugement, toute mesure. On l’a tant rassoté de cette fille qu’il a fini par l’épouser.

Il se trouvera bien des occasions pour employer également ce verbe à la forme pronominale ou au participe passé. Comment a-t-elle pu se rassoter de ce bellâtre ? se prendre pour lui d’un goût si peu fondé ? Une mère rassotée de son fils, en qui l’amour maternel a banni la clairvoyance.

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