Dire, ne pas dire

Recherche

Du déclin au déchet

Le 23 juillet 2026

Nuancier des mots

Les noms décadence, déchéance, déclin, déchet sont, à un certain degré, des paronymes et ont en commun d’être formés à l’aide du préfixe latin de- qui indique un mouvement du haut vers le bas. Ces deux points expliquent qu’il y a entre ces mots une certaine proximité, mais aussi qu’il existe de l’un aux autres quelques nuances que nous allons essayer de cerner.

Dans son Dictionnaire critique de la langue française, paru en 1787, Féraud précise que le terme décadence ne s’emploie qu’au figuré. On ne doit donc pas dire « la décadence d’un palais » pour « la ruine d’un palais ». Il condamne, ce faisant, la première édition du Dictionnaire de l’Académie française, dans laquelle on lit « Ce palais tombe en décadence » ou « s’en va en décadence », quand c’est « tombe en ruine » qu’il aurait fallu selon lui. Ce sens concret est néanmoins présent dans notre Dictionnaire jusqu’à la sixième édition, où apparaît cette mention : « Il n’est presque plus d’usage au propre », et disparaît définitivement à partir de la huitième édition.

Dans son ouvrage Synonymes français, l’abbé Roubaud fait, lui, le départ entre les noms décadence et déclin : « La décadence est l’état de ce qui va tombant ; le déclin, l’état de ce qui va baissant. La décadence amène la chute et la ruine ; le déclin mène à l’expiration et à la fin : la décadence des empires, le déclin de la vie. Si on dit : l’empire romain était en décadence, cela exprime qu’il se ruinait et tombait peu à peu, on le compare à un bâtiment qui s’écroule ; si l’on dit : l’empire romain était à son déclin, cela exprime qu’il approchait du terme de son existence ; on le compare à un corps organisé qui finit de vivre. » Cette fois, l’Académie confirme cette nuance de la première à la neuvième édition de son Dictionnaire, où la décadence est définie comme un « acheminement vers la ruine », et le déclin comme l’« état de ce qui penche vers sa fin, perd de sa force, de sa valeur ou de son éclat ». Ces notions furent mises en avant dans deux grands ouvrages du XVIIIe siècle : Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence (1734) de Montesquieu et The History of the decline an Fall of the Roman Empire (1776 à 1788) d’Edward Gibbon, titre qu’on traduit ordinairement par Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire Romain.

Du latin decadere, dont est tiré décadence, est aussi issu le verbe déchoir, d’où dérive le nom déchéance. En général, décadence s’applique à un corps social organisé ou à des activités artistiques, culturelles, tandis que déchéance s’applique à un individu. C’est aussi à cette famille qu’appartient le nom déchet, tiré, lui aussi, du verbe déchoir ; il a d’abord désigné la perte de substance, de valeur d’un corps, d’une chose, comme le vin des tonneaux (ce qu’on appelle parfois aussi la part des anges), puis ce qui tombe d’une matière qu’on travaille et, par extension, un résidu, un rebut. Enfin, de manière figurée, familière et péjorative, on l’emploie pour désigner une personne ayant sombré dans une profonde déchéance.

Notons pour conclure que l’on parle souvent de déclin pour s’alarmer de l’abaissement d’un État. Cet emploi est assez récent ; on employait jadis plus volontiers décadence. D’ailleurs, lors de la séance publique annuelle des cinq Académies, le 25 octobre 1901, Gabriel Hanotaux, délégué de l’Académie française, fut chargé de traiter cette vaste question : « La France est-elle en décadence ? »

Légal, légitime, licite, loyal, licence

Le 23 juillet 2026

Nuancier des mots

L’adjectif légal qualifie ce qui est conforme à la loi ou ce qui a été institué par elle. Légitime peut avoir un sens très voisin et signifier « qui est fondé en droit ; qui présente les conditions, les qualités requises par la loi ». C’est en sens que l’on parle, par exemple, de « légitime défense ». Cette synonymie n’est guère étonnante car ces deux adjectifs remontent au latin lex, « loi ». Mais une application trop stricte de cette dernière peut produire un effet néfaste, ce que l’adage latin signalait déjà : Summum ius, summa iniuria, ainsi glosé par Jocaste dans La Thébaïde de Racine : « Une extrême justice est souvent une injure » (on se souviendra que le sens premier d’injure, comme celui du latin injuria d’où il est tiré, est celui d’« injustice »). Sans doute est-ce pour cela que légitime a un autre sens, puisqu’il qualifie aussi ce qui est conforme au bon droit, à la raison, à l’équité, ce qui se justifie, ce qu’on peut admettre ou excuser. On pourra ainsi dire : « Cette rébellion pouvait paraître légitime », ou parler d’une « légitime indignation ». Ces nuances se retrouvent dans les verbes dérivés de ces adjectifs, légaliser et légitimer.

Légal a un doublé, de même origine, mais dont le sens est assez éloigné, l’adjectif loyal. Celui-ci a en effet d’abord signifié, s’agissant de choses, « qui est conforme à la loi, qui est fait dans les règles prescrites » et, s’agissant de personnes, « fidèle à l’autorité légitime ». Par extension, il qualifie aujourd’hui une personne qui refuse de tricher, dont le comportement est exemplaire et qui sait se montrer beau joueur.

En ce qui concerne l’adjectif licite, il est emprunté du latin licitus, de même sens, lui-même dérivé de licere, « être permis ». Licite qualifie donc ce qui est permis par la loi et, par extension, ce qui est conforme à l’honnêteté, à la morale. C’est un parent étymologique du nom licence, qui désigne d’abord une liberté que l’on a en vertu d’une permission donnée. C’est le nom du diplôme universitaire obtenu après trois ans d’études supérieures, diplôme qui était jadis nécessaire pour enseigner, et dont le nom est une forme traduite et abrégée de la locution latine licentia docendi, proprement « autorisation d’enseigner ». Mais licence peut aussi désigner une liberté que l’on s’octroie. La licence poétique désigne ainsi la liberté que le poète se donne dans ses vers d’aller à l’encontre des règles exactes de l’usage et de la versification. Mais, le plus souvent, en ce sens, le nom licence est pris en mauvaise part et désigne une liberté portée à l’excès, un dérèglement, notamment en ce qui concerne les mœurs. La nuance entre ces deux sens se retrouve dans les mots qui en dérivent, le nom licencié dans un cas, qui désigne celui qui est titulaire d’une licence et qui a donc l’autorisation de faire quelque chose, l’adjectif licencieux dans l’autre, qui se dit de celui « dont la liberté de conduite va jusqu’au désordre, au dérèglement ».

Emporter les conséquences

Le 23 juillet 2026

Emplois fautifs

Le mot conséquence est un nom abstrait, mais il a la particularité d’être ordinairement construit avec des verbes concrets désignant le plus souvent le déplacement d’un objet. On le rencontre donc dans des locutions comme porter à conséquence, porter ses conséquences, comporter des conséquences ou dans la forme plus rare porter conséquence, ou encore dans les locutions verbales amener pour (ou comme) conséquence, entraîner comme conséquence, supporter les conséquences, etc.

Sans doute est-ce en raison du voisinage de ces locutions qu’a été créé l’étrange tour emporter les conséquences. Il s’agit d’une forme pléonastique qu’il convient d’éviter puisque le verbe emporter peut déjà signifier, à lui seul, et ce depuis le xvie siècle, « entraîner, avoir comme conséquence ». En témoignent ces exemples, du Dictionnaire de l’Académie française : « Ce crime emportait autrefois la peine capitale », et du Dictionnaire de la langue française, de Littré : « La ruine de Rennes emporte celle de la province ».

Prononciation des noms terminés par « -as »

Le 23 juillet 2026

Emplois fautifs

Dit-on « pancréa » [pɑ̃kʁea] ou « pancréasse » [pɑ̃kʁeas] ?

Dans le digramme -as, placé en fin de mot, le s n’est pas toujours articulé et l’on hésite parfois sur sa prononciation. Cette dernière ne relève cependant pas de l’arbitraire et s’explique généralement par l’histoire du mot.

Dans les mots d’origine étrangère qui ont gardé leur forme originelle, ce s se fait le plus souvent entendre. C’est, par exemple, le cas pour le mot d’origine hébraïque abraxas, pour le nom d’origine grecque psoas, pour l’adverbe d’origine latine alias, mais aussi pour le nom alcarazas, emprunté de l’arabe, al-karraz, « jarre à goulot étroit ».

Même explication pour kwas, directement emprunté du russe ; pour le nom d’origine anglaise lias, pour le nom d’origine espagnole tapas, le nom d’origine allemande plexiglas.

Ce qui est valable pour les formes tirées de noms communs l’est aussi pour celles qui nous viennent de noms propres étrangers, comme atlas, damas ou douglas, tous noms où le s final est articulé.

Pancréas vient du grec pagkreas, de même sens ; on doit donc faire entendre le s final dans ce nom.

En revanche, ce s final ne se fait entendre ni dans les noms tirés de mots français déjà existants, comme c’est le cas pour amas, bourras, embarras ou frimas, ni dans les noms issus de formes étrangères qui ont subi de nombreux changements par rapport à leur forme d’origine, comme bras, issu du latin bracchium, bas, issu de bassus, cadenas, issu de catenatum, canevas, issu de can(n)apus, cervelas, issu de cerebellum, gras issu de crassus, etc.

Notons que le s de las ne se fait pas entendre quand il est adjectif, puisque ce mot est issu du latin lassus, « fatigué », mais qu’il se prononce dans les interjections Las ! ou Hélas !, même s’il n’en a pas toujours été ainsi. Dans son Dictionnaire, Littré écrit, à l’article « Hélas » : « Quelques personnes font entendre l’s : é-las’ ; cette prononciation n’est pas à recommander ; las n’étant, dans ce mot, que l’adjectif las, qui ne se prononce jamais las. » Si aujourd’hui le s d’hélas est pourtant articulé, c’est essentiellement pour des raisons d’emphase et d’expressivité.

Notons enfin que dans certains cas, le choix reste possible de prononcer ou non ce s final, en particulier quand l’origine du nom est méconnue ou oubliée, comme dans ananas, jaconas ou vindas.

Back-to-back

Le 23 juillet 2026

Anglicismes, Néologismes & Mots voyageurs

Nous avons vu, il y a peu, que, dans le domaine du sport, la locution anglaise back to back, proprement « dos à dos », pouvait désigner le total cumulé des performances de deux compétitions consécutives.

Mais cette locution désigne surtout aujourd’hui le fait de remporter deux fois de suite la même compétition, ce que vient de faire, par exemple, un club de football français. Cela est certes admirable, mais on rappellera que le français possède des adjectifs ou des locutions qui auraient pu rendre la même idée : on pourra dire par exemple qu’un club « a remporté pour la deuxième fois le titre de champion d’Europe » ou « a remporté pour la seconde année consécutive le titre de champion d’Europe ».

Jawline

Le 23 juillet 2026

Anglicismes, Néologismes & Mots voyageurs

Le terme anglais jawline commence à se lire dans des textes français, en particulier dans des articles traitant d’esthétique masculine. À l’origine, il désigne le « dessin des mâchoires », un groupe nominal que l’on pourrait utiliser en lieu et place de cet anglicisme. Mais depuis quelque temps jawline désigne aussi une technique, particulièrement en faveur dans les milieux masculinistes, consistant à injecter de l’acide hyaluronique dans la mâchoire afin de donner un aspect plus carré à un visage jugé trop rond ou trop ovale. Dans ce dernier cas on pourrait sans doute remplacer jawline par la locution remodelage de la mâchoire.

Compendieusement

Le 23 juillet 2026

Expressions, Bonheurs & surprises

Y a-t-il un lien entre la forme des mots et leur sens ? C’est tout l’objet du Cratyle, de Platon. Saussure a tranché la question de façon définitive, il y a un peu plus d’un siècle, en montrant qu’en synchronie, le signe était arbitraire. On constate par exemple que la signification et le volume des mots n’ont bien souvent aucun rapport ; ainsi en français, le mot géant est plus petit que le mot minuscule, grand ne compte qu’une syllabe quand petit en a deux. Pas de lien visible non plus entre l’ordre alphabétique des mots et leurs positions chronologiques respectives : si l’on prend les noms de nos mois deux par deux, on constate que celui qui arrive le premier sur un calendrier est toujours en deuxième position dans un dictionnaire ; en effet, février s’y trouve avant janvier, avril avant mars, juin avant mai, août avant juillet, octobre avant septembre, et enfin décembre avant novembre.

Mais il existe aussi des mots, un peu rares, dont la forme semble imposer un sens, qui parfois n’est pas le leur. Parmi ces derniers, le champion est sans doute l’adverbe compendieusement. Qui ne le connaît pas est impressionné par son volume et semble poussé à le prononcer, en suivant la recommandation de Littré : « kon-pan-di-eû-ze-man », c’est-à-dire que l’on fait entendre ici la voyelle e de la syllabe prétonique interne, -se-, qui est ordinairement muette, comme on le voit dans d’autres adverbes tels lentement, journellement ou heureusement, prononcés, dans la langue courante, « lent’ment », « journell’ment » et « heureus’ment ». Et ce n’est pas tout, Littré recommande la diérèse « di-eû », que l’on n’a, par exemple, ni dans pieusement, ni dans odieusement, ni dans religieusement. Si l’on suit ces deux remarques, notre adverbe compte maintenant six syllabes, la moitié du vers classique par excellence, l’alexandrin. Un seul mot pour un hémistiche, quand il en faut, par exemple, cinq pour le premier de ce vers du Cid : « À moi, Comte, deux mots. ».

Voilà bien un adverbe plein de pompe et de majesté. La longueur de celui-ci, qui signifie en réalité « en abrégé, brièvement », a sans doute contribué à créer des erreurs d’interprétation sur son sens. L’Académie française l’a signalé quand il est apparu dans son Dictionnaire, à la septième édition, en 1878. On y lisait : « En abrégé. On emploie quelquefois ce mot d’une manière tout à fait inexacte et fautive, dans le sens de Avec détail, tout au long. » On trouvait une remarque équivalente, quelques années plus tôt, chez Littré : « En abrégeant. C’est une faute ridicule d’employer un mot qui signifie en abrégeant, pour dire avec détail, sans rien omettre, tout au long. » D’ailleurs, dans son Histoire de la littérature française depuis ses origines jusqu’à la Révolution et pendant la Révolution, le critique littéraire et historien de la littérature Eugène Geruzez juge probable que Racine ait voulu faire commettre cette erreur à son faux avocat dans ces vers des Plaideurs afin d’en renforcer le ridicule :

« Je vais, sans rien omettre et sans prévariquer,

Compendieusement énoncer, expliquer,

Exposer à vos yeux l’idée universelle

De ma cause et des faits renfermés dans icelle. »

Pour une brique, t’as une petite histoire des langues

Le 23 juillet 2026

Expressions, Bonheurs & surprises

Dans Les Ritals, François Cavanna raconte que durant sa première enfance, la passion de la lecture était si forte chez lui qu’au moment des repas, il lisait et relisait inlassablement les étiquettes des divers contenants alimentaires qui se trouvaient sur la table familiale. Il se serait sans doute réjoui à la vue des briques de lait sur lesquelles l’industriel avait accompagné le nom lait des formes milk, melk, leche, gala (la forme grecque a été ici transcrite en alphabet latin), latte, leite et Milch. C’était là une invitation à s’intéresser à l’histoire et aux parentés de quelques langues d’Europe. On voit nettement grâce à ces noms la coupure entre le monde germanique, dans lequel on a l’anglais milk, le néerlandais melk et l’allemand Milch, et le monde latin, avec le français lait, l’espagnol leche, l’italien latte et le portugais leite. On observe ainsi que le digramme -ct- de la forme latine d’origine lacte(m) a évolué en -it en français, en -ch- en espagnol, en -tt- en italien. La merveilleuse régularité de la phonétique historique fait donc que, à partir d’autres mots latins où l’on trouve ce digramme -ct-, nous tirerons d’autres mots français en -it, d’autres mots espagnols en -ch- et d’autres mots italiens en -tt-. On le vérifie avec le latin directum, qui a donné le français droit, l’espagnol derecho et l’italien dritto ; d’octo sont issus le français huit, l’espagnol ocho et l’italien otto ; dictum a donné dit, dicho et ditto ; factum, fait, hecho et fatto ; tectum, toit, techo et tetto ; noctem, nuit, noche et notte. Les équivalences ne sont pas aussi nettes pour le portugais, mais les lettres -it- de leite se retrouvent cependant dans noite (nuit) et oito (huit).

Entre ces deux grandes familles, le grec gala semble bien isolé, mais son génitif galaktos n’est guère éloigné du lactis latin. Il l’est d’autant moins que gala/galaktos est lié au verbe amelgein, « traire », un parent du latin mulgere, de même sens, d’où sont tirés l’italien mungere et l’espagnol muir et mecer, et duquel on rapproche le vieux haut allemand melchan, à l’origine des verbes anglais to milk, mais aussi hollandais et allemand melken, ce qui permet de réunir les familles grecque, germanique et latine. Le français est, quant à lui, redevable, directement ou indirectement, du latin mulgere pour les mots émulgent, émulsif, émulsifier, émulsion, sans oublier la forme désuète mulsion, synonyme de « traite ». Mais notre langue n’a plus de verbe en milk ou mulg-. Il y eut en ancien français les verbes mulger et moudre, mais ils furent vite supplantées par traire, issu du latin trahere, « tirer ». On le rencontre encore à l’infinitif, au participe passé et au présent de l’indicatif. Pour les autres temps, il est le plus souvent remplacé par tirer, beaucoup plus simple à conjuguer.

Notons pour conclure que l’on observe cependant une distribution assez régulière des compléments de ces verbes : traire s’emploie ordinairement avec comme complément le nom de l’animal qui est trait. On lit au début de L’Aveu, de Maupassant : « Elles vont traire les vaches », ou, dans La Grande peur dans la montagne, de Ramuz : « En même temps que la nuit venait, l’inquiétude était venue aux bêtes, qui n’avaient pas été traites de tout le jour. »

Quant à tirer, c’est ordinairement avec le nom lait qu’il s’emploie. On lit dans Les Maîtres sonneurs, de George Sand : « [Brulette] allait, par commandement de la Mariton, tirer le lait de sa chèvre », et le Trésor de la langue française définissait une vacherie comme un « lieu où l’on tire le lait des vaches et où l’on vend du lait ». Cela étant cette répartition des verbes et des compléments n’interdit pas certains écarts. On rencontre ainsi dans Germinal, de Zola : « Lucie et Jeanne voulaient voir traire le lait », tandis qu’on lit dans Maria Chapdelaine, de Louis Hémon : « Ton père t’aidera à tirer les vaches si tu veux. »