Dire, ne pas dire

Néologismes & anglicismes

Easy listening, easy reading

Le 06 juin 2013

Néologismes & anglicismes

Ces anglicismes désignent, l’un, un type de musique dont l’écoute ne demande aucune attention particulière ; l’autre, créé par analogie, désigne un type de littérature facile et médiocre. Le français a des termes propres et des expressions imagées pour les évoquer l’un et l’autre. Pourquoi ne pas en faire usage ?

 

On dit

On ne dit pas

De la musique facile, de la musique d’ascenseur, de supermarché

Lire des romans, de la littérature de gare

De l’easy listening


Lire de l’easy reading

 

Speeder (se) / speed

Le 06 juin 2013

Néologismes & anglicismes

L’anglicisme Speeder, emprunté de to speed, « se dépêcher », est aujourd’hui très répandu. Mais le français a de très nombreux autres verbes ou locutions verbales à sa disposition, appartenant à tous les registres de langue, comme se presser, s’empresser, faire diligence, grouiller ou foncer. Hâtons-nous de les employer. De la même manière évitons absolument de faire du nom anglais speed un adjectif français.

 

On dit

On ne dit pas

Nous sommes en retard, il faut se presser

Dépêchez-vous, le train part 

Il est agité, il est énervé

Nous sommes en retard, il faut speeder


Speedez-vous, le train part

Il est speed

 

Définitivement

Le 02 mai 2013

Néologismes & anglicismes

L’adverbe définitivement existe en français et signifie « de manière définitive » ou « pour en finir ». L’anglais definitely a la même origine, mais il n’a pas le même sens : il sert essentiellement à donner plus de poids à une réponse affirmative. Ne confondons pas les deux langues, et préférons « absolument, vraiment » ou « oui, bien sûr » pour mettre en valeur nos propos ou répondre par l’affirmative à une question.

 

On dit

On ne dit pas

Viendrez-vous demain ? Oui, bien sûr

Je suis absolument sûr de moi

Viendrez-vous demain ? Définitivement

Je suis définitivement sûr de moi

Money time

Le 02 mai 2013

Néologismes & anglicismes

Les anglicismes sont généralement empruntés à l’anglais, mais on en trouve aussi qui ont été composés dans notre pays et ne se rencontrent pas dans le pays dont ils sont censés venir. C’est le cas de Money time, qui s’est d’abord entendu dans des commentaires sportifs de matchs de basket-ball et que l’on rencontre maintenant à propos d’autres sports comme le handball ou le tennis, pour désigner tantôt la fin, tantôt les instants décisifs d’un match. La langue anglaise utilise d’autres expressions pour décrire ce type de situation, la langue française également ; utilisons-les plutôt que cet anglicisme de mauvais aloi.

On dit

On ne dit pas

Un panier marqué à la toute fin du match

Il a bien joué les points importants

Un joueur qui sait arracher la victoire

Un panier marqué pendant le money time

Il a bien joué les points du money time

Un joueur de money time

Business

Le 04 avril 2013

Néologismes & anglicismes

Business est un anglicisme assez ancien ; il apparaît en 1884 dans La Rue à Londres, de Jules Vallès, et signifie « affaires commerciales ». Il se spécialise ensuite, dans la langue populaire, au début du xxe siècle pour désigner le commerce des corps, la prostitution surtout dans la locution faire le business, « se prostituer ». Depuis les années cinquante, ce mot est employé en apposition dans la locution showbusiness, souvent abrégée en showbiz. Ce type de construction, propre à l’anglais mais assez éloignée du génie de la langue française qui lui préfère les tours prépositionnels, semble se multiplier aujourd’hui. Qui n’a pas rencontré des formes comme sport business, foot business, charité business et bien d’autres encore. Dans ces emplois, business peut être avantageusement remplacé par des formes comme marchandisation, exploitation, etc. Pourquoi s’en priver ?

 

On dit

On ne dit pas

La marchandisation de la charité

L’exploitation commerciale du sport

Un plan de développement

Le charité business

Le sport business

Un business plan

 

Friendly

Le 04 avril 2013

Néologismes & anglicismes

Voici un autre cas mêlant un anglicisme et l’usage abusif de la construction appositive : les locutions bâties sur le modèle de gay friendly, expression employée pour caractériser les bars, cafés, etc. qui accueillent sans aucune discrimination les personnes homosexuelles ou qui en font leur clientèle privilégiée. On rencontre aujourd’hui, parmi beaucoup d’autres, les formes hétéro friendly, family friendly, child friendly, etc. Il existe de nombreux équivalents français pour remplacer ces tournures. On pourrait penser à l’adjectif sympathisant déjà utilisé par La Fontaine au sujet du chat dans la fable intitulée Le Cochet, le Chat et le Souriceau :

« Je le crois fort sympathisant

Avec Messieurs les Rats ; car il a les oreilles

En figure aux nôtres pareilles. »

Mais il existe aussi d’autres termes de sens équivalent comme accueillant, amical, respectueux, etc. Ne serait-il pas préférable de les utiliser ?

 

On dit

On ne dit pas

Qui accueille volontiers les enfants

Ouvert aux conjoints

Respectueux de l’environnement

Child friendly

Conjoint friendly

Éco-friendly

 

Blacklister

Le 07 mars 2013

Néologismes & anglicismes

À la fin du livre I de La Chartreuse de Parme, Marietta rencontre Fabrice qu’elle croyait en fuite après qu’il avait tué Giletti et lui dit : « […] Venise, où je savais bien que vous n’iriez jamais, puisque vous êtes sur la liste noire de l’Autriche. » Si Stendhal place dans la bouche de ce personnage l’expression Liste noire, c’est qu’elle est répandue et populaire. Notons que l’usage a cependant un peu changé puisque aujourd’hui le complément de Liste noire n’en est plus le détenteur, mais ceux qui y figurent. On parle par exemple de la liste noire des compagnies aériennes dangereuses. On employait autrefois une expression à peu près équivalente Être écrit sur le livre rouge, être sur le livre rouge, qui signifiait « Être marqué, noté, pour une ou plusieurs fautes qu’on a commises ».

Le français peut donc indiquer l’exclusion sans avoir recours à l’anglicisme Blacklister, tiré du verbe anglais to blacklist, « inscrire sur une liste noire », lui-même dérivé de la locution nominale Black list.

 

On dit

On ne dit pas

Figurer sur une liste noire  être écarté parce que l’on est sur une liste noire

Être blacklisté

Challenge

Le 07 mars 2013

Néologismes & anglicismes

Beaucoup d’anglicismes viennent du monde du sport. Parmi ceux-ci : challenge, qui désigne d’abord le défi lancé par un prétendant au tenant d’un titre, puis tout type de compétition. À l’origine de ce mot, on l’oublie trop souvent, il y a l’ancien français chalenge, qui est issu, par l’intermédiaire du latin médiéval calengia, « réclamation », de calumnia, « accusation ». En ancien français, chalenge, qui s’écrivait aussi calonge, calompne, chaloigne, etc., désignait d’abord une action en justice, puis un défi. Peu à peu défi s’est imposé dans l’usage et chalenge a disparu. Avec les termes défi et compétition, le français a les mots nécessaires pour éviter le recours à l’anglicisme challenge. Pourquoi ne pas les employer ?

 

On dit

On ne dit pas

Relever un défi

Une compétition d’escrime

Relever un challenge

Un challenge d’escrime

 

Dispatcher

Le 07 février 2013

Néologismes & anglicismes

On rencontre de plus en plus l’anglicisme dispatcher en lieu et place de répartir. Il ne faut pas employer ce terme qui, de surcroît, n’est pas l’équivalent de l’anglais to dispatch. Ce dernier, en effet, ne signifie pas « répartir », mais « expédier », avec la nuance de hâte que l’on peut trouver dans ce verbe français. Dans We soon dispatched our dinner, « Nous eûmes bientôt expédié notre dîner », apparaît bien l’idée de vitesse, mais aucunement celle de répartition. On utilisera donc, en fonction des circonstances répartir, ranger, classer, trier, etc.

 

On dit

On ne dit pas

Répartir les élèves dans les classes

Ranger les marchandises en fonction des envois

Distribuer les tâches

Dispatcher les élèves dans les classes

Dispatcher les marchandises en fonction des envois

Dispatcher les tâches

 

Reminder

Le 07 février 2013

Néologismes & anglicismes

L’anglicisme reminder est dérivé du verbe to remind, « rappeler ». Un usage à la mode consiste à l’employer en français pour désigner un message, en particulier un message électronique, destiné à rappeler des tâches à accomplir ou des évènements à ne pas manquer. Le français dispose de termes ou d’expressions de sens équivalent. Pourquoi ne pas les employer ?

 

On dit

On ne dit pas

Rappel : la soirée aura lieu samedi

Envoyez-moi un message pour me rappeler que

Je vous ai laissé un mémento

Reminder : la soirée aura lieu samedi

Envoyez-moi un reminder pour
 

Je vous ai laissé un reminder

 

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