Dire, ne pas dire

Courrier des internautes

G.

Le 5 janvier 2012

Courrier des internautes

Je voudrais vous signaler une pratique exaspérante qui se répand de plus en plus : bannir les mots courts au profit d’autres plus longs et vaguement synonymes : ainsi, on parlera de mandature et non plus de mandat, de technologie et non plus de technique, de méthodologie et non plus de méthode, etc.

G.

Geneviève M.

Le 5 janvier 2012

Courrier des internautes

À propos de l’emploi intempestif et même maladif de la préposition sur. En ce moment, sur nos écrans, une publicité de dentifrice : « on est sur une vraie bonne nouvelle. » Ne doutons pas que cette nouveauté va être reprise à qui mieux mieux. Des tics de langage d’un présentateur de télévision et de la plupart de ses invités : « on est sur un tissu », « on est sur une couleur », « on est sur une façade » ; et toutes les émissions de cuisine nous font entendre : « on est sur un vin », « on est sur un produit bio », « il travaille sur une ferme »…, « on se retrouve sur l’émission de machinchose » (sur une chaîne, mais dans une émission), etc. Quand un(e) journaliste parlant encore correctement français se décidera-t-il (elle), à une heure de grande écoute, à ridiculiser avec humour mais efficacité ces tics de langage qui se répandent comme une épidémie grâce à la radio et à la télé et sèment le doute dans l’esprit de tous ceux qui parlaient encore correctement il y a seulement une dizaine d’années ?

Geneviève M.

Geoff A., Angleterre

Le 5 janvier 2012

Courrier des internautes

Messieurs, Professeurs, Académiciens,

Vive « Dire, ne pas dire » ! C’est magnifique.

En anglais (et en américain) on ne sait plus qu’une préposition : « over », ou « sur ». La langue anglaise, la langue de Shakespeare et de Chaucer, se diminue jour par jour.

As we say in English, more power to your elbow*. Et vive la langue la plus belle du monde !
(et les alexandrins !)

Santé, Messieurs !

*comme nous disons en anglais, allez-y et bonne chance !

Geoff A., Angleterre

Jérôme D., Luxembourg

Le 5 janvier 2012

Courrier des internautes

Merci pour votre belle initiative.

Il y a une autre tendance « branchée » et un peu ridicule depuis quelques années […] qui consiste à utiliser un numéro pour désigner son département.

Ainsi, on découvre avec effroi que les gens travaillent dans le 9-3, ou habitent le 85.

Il me semble pourtant que l’on ne réside pas dans un numéro mais sur un territoire doté d’un nom, porteur d’histoire et de géographie.

Jérôme D., Luxembourg

Michel B., Luynes

Le 5 janvier 2012

Courrier des internautes

La pensée affine sans cesse sa perception de la réalité. Vient un moment où le champ qui s’ouvre à elle est trop vaste et nouveau pour ne pas appeler à de nouveaux mots pour le décrire et le définir, sauf à donner de nouveaux sens à d’anciens mots. Ainsi, à propos de l’usage et du sens de Quelque part. Initialement utilisé pour désigner un lieu concret, il s’étend aujourd’hui à l’univers abstrait, en particulier en psychologie […]. Ainsi, « Quelque part, cet événement me touche » signifie que j’y suis sensible, en un « lieu » de moi mal défini à première vue […] Une observation plus attentive permettra peut-être de nommer ce « lieu situé quelque part ». Ce pourrait être « mon histoire de collégien ancrée dans la mémoire de ma sensibilité ».

Michel B., Luynes

F. D., Bordeaux

Le 1 décembre 2011

Courrier des internautes

L’Académie ne pourrait-elle pas commencer par balayer devant sa porte ? Le Dictionnaire ne comprend pas les mots « addiction, anabolisant, annualiser, anxiogène, anxiolytique, brumisateur, cofinancement, connectique, déchoquage, défloquer, dynamiser, ergonome, fantasmer, faxer, fidéliser, franchiser, instrumentaliser, marginalité, palettiser », entre autres. Ne serait-il pas plus urgent de créer ces rubriques que celle sur « rassoter » ?

F. D., Bordeaux

L’Académie répond

La rubrique « Dire, Ne pas dire » permet aux membres de l’Académie française de faire connaître des réactions d’humeur et redécouvrir des termes oubliés. Elle n’a pas de caractère proprement lexicographique.

La plupart des mots cités par ce correspondant ne figurent pas dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française parce qu’ils n’étaient pas inscrits dans l’usage au moment où ont paru les tomes I (1992) et II (2000).

La refonte du site, actuellement en cours, permettra, sans attendre la révision de la présente édition, de créer une rubrique où seront signalés des termes qui se sont à juste titre installés dans l’usage pour évoquer les réalités du monde contemporain.

F., Issy-les-Moulineaux

Le 1 décembre 2011

Courrier des internautes

Quel bonheur que la chronique de Michel Serres sur France Info à propos de ce qui se dit ou ne se dit pas ! Je suis tellement lasse et exaspérée d’entendre ou de lire un français mal utilisé, écorné, rabougri et pour tout dire abîmé.

F., Issy-les-Moulineaux

Hervé G., Viré

Le 1 décembre 2011

Courrier des internautes

Bravo pour votre initiative. Je commençais à me sentir un peu seul à lutter contre toutes ces dérives linguistiques et tics de langage plus ridicules les uns que les autres.

J’en arrivais à croire que j’étais parfaitement démodé et que l’enseignement de mes maîtres était devenu désuet, voire précieux.

Merci donc pour ce réconfort !

Hervé G., Viré

Jean-Pierre M., Paris

Le 1 décembre 2011

Courrier des internautes

Ce site est une excellente initiative. Il faut combattre ceux qui massacrent la langue sans faiblir, sans honte, sans répit. Le français est suffisamment riche et divers pour pouvoir tout exprimer.

N.B. Je ne suis absolument pas contre l’anglais quand son utilisation est appropriée. La langue anglaise elle-même utilise beaucoup de mots français (Bon appétit, bon voyage, en route, entrepreneur, chef, etc.). Pas d’intégrisme, mais de la fermeté !

Jean-Pierre M., Paris

Marianne M. K.

Le 1 décembre 2011

Courrier des internautes

Bonjour Mesdames et Messieurs les Académiciens,

Bravo pour votre bloc-notes.

J’ai remarqué dans les wagons du métro que la R.A.T.P consacrait un (tout) petit panneau à des extraits de poésies françaises : excellente idée, qui permet aux voyageurs de petits moments d’évasion et fait échapper à la sempiternelle publicité.

L’Académie française ne pourrait-elle bénéficier de ces petits panneaux pour de courtes rubriques de « Dire, Ne pas dire », pour le plus grand bénéfice des scolaires, des étrangers et de tout un chacun ?...

Marianne M. K.

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